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Monin Mécanique construit une nouvelle usine pour stimuler sa croissance
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Monin Mécanique construit une nouvelle usine pour stimuler sa croissance

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Pour se moderniser et répondre à la croissance de son carnet de commandes, Monin Mécanique construit une nouvelle usine dans l'agglomération lyonnaise avec l’objectif d’augmenter son chiffre d’affaires de 50 % à 12 millions d’euros d’ici 2035. Le pari d’un sous-traitant fabricant de pièces complexes pour ses clients de l’aéronautique, du spatial et de la Défense, en forme de plaidoyer pour la réindustrialisation.

Projet 3d de la nouvelle usine de Monin Mécanique à Osterode — Photo : DR

Ce signe du destin n’a pas échappé à Sébastien Monin, le dirigeant de Monin Mécanique, usineur qui fabrique des pièces complexes pour l’aéronautique et la Défense notamment. Quand la mairie de Rillieux-la-Pape, dans l'agglomération lyonnaise, où réside l’entreprise de mécanique de précision a jugé bon de placer un panneau interdisant l’accès aux 3,5 t dans sa rue, désormais située dans un quartier résidentiel, il s’est demandé s’il n’était pas temps de partir. Bingo, il choisit Osterode, un nouveau quartier en voie d’aménagement aux portes de Lyon, pour y implanter sa nouvelle usine. "Nous avons des salariés très techniques qui font déjà 40 à 50 kilomètres pour venir. Nous ne voulions pas les pénaliser… ni les perdre", raconte-t-il. La construction de sa nouvelle usine d’une superficie de 4 300 m2 vient d’être lancée à 3 kilomètres à vol d’oiseau de son site actuel. Un investissement de 7,5 millions d’euros en grande partie financé par des emprunts.

Innover dans les usines

Monin revient de loin. Comme son activité avait baissé de 40 % pendant la crise sanitaire, la PME avait arrêté d’investir dans des machines. Mais une aide de 3 millions d’euros de France Relance pour la modernisation de ses équipements et une subvention de 900 000 euros de Bpifrance viennent redonner un élan à Monin, qui décide de déménager. Sébastien Monin croit dur comme fer à la réindustrialisation. "La France a connu une désindustrialisation énorme depuis les années 1980. Il faut innover à nouveau en installant les bureaux d’études dans les sites de production sinon cela ne fonctionne pas", déroule-t-il. Et former de nouveaux talents… Le site abritera un centre de formation pour usineur et contrôleur en alternance, notamment en lien avec l’école Gorges de Loup.

Portée par la croissance de la Défense et de l’aéronautique

Créée par son grand-père dans son garage en 1948, Monin Mécanique (8,40 M€ de CA en 2024 ; 50 salariés) est un usineur qui fabrique des pièces complexes pour les secteurs de la Défense, l’aéronautique, le spatial (dont la fusée Ariane) et l’automobile. "Nous n’avons pas de produits en propre, nous travaillons en direct avec des donneurs d’ordre comme Safran notamment pour la partie régulation des moteurs hélicoptères d’Airbus", confie-t-il. Ce sont des pièces assorties d’un haut niveau d’exigence technique, comme d’ailleurs celles produites pour la Défense en Ukraine. Enfin, Monin travaille pour l’automobile en produisant des pièces pour robots de peinture pour le groupe grenoblois de robotique Excel. Au total, le chiffre d’affaires se répartit à parts égales entre l’aéronautique, la Défense et l’automobile. Même si depuis quelque temps, le tassement des ventes dans l’auto est compensé par le développement des deux premiers secteurs, sur lesquels Monin mise. " En fonction des opportunités, nous devrions atteindre un chiffre d’affaires de 12 millions entre 2030 et 2035 ", estime-t-il.

Poser ses limites

Sébastien Monin, dirigeant de Monin Mécanique — Photo : DR

"Nous commencions à nous sentir un peu à l’étroit ici, c’est vrai, confie le dirigeant. Mais je veux faire mieux mais pas nécessairement beaucoup plus car je ne me sens pas capable de diriger une usine qui emploie plus de 60 personnes ". Croître, oui mais pas à n’importe quel prix justement. Sur le point de remporter un marché pour les moteurs d’Airbus, Sébastien refuse de signer un contrat qui stipulait que les prix devaient baisser tous les ans. "Je ne pouvais accepter l’inacceptable, de vendre à perte", tranche cet homme.

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