Monaco : Les poignées PMR de Sama Ulna à la conquête du monde
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Monaco : Les poignées PMR de Sama Ulna à la conquête du monde

Ambitieuse, la société monégasque se donne treize ans pour « inonder le monde » de son système de poignées accessibles innovantes.

Lorsque la quincaillerie Sama rachète, fin 2013, les actifs de la société nantaise Ulna Cyclope, l'entreprise monégasque fait un pari sur l'avenir. Poussée par le délitement du tissu industriel français à chercher des relais de croissance, elle y voit là la possibilité de diversifier son marché et de s'ouvrir les portes du secteur médical en actionnant... la poignée. « Les poignées PMR (pour personne à mobilité réduite, ndlr) s'inscrivent dans un marché en plein essor, la silver économie, et sont, qui plus est, portées par la réglementation Handicap », explique Fabrice Fedida, directeur de l'entreprise familiale monégasque. Ça tombe bien, Ulna Cyclope en avait fait sa spécialité. Et en matière de concurrence, essentiellement allemande, « elle est loin derrière nous en terme de technicité », assure le dirigeant.

Des poignées adaptables à tous publics
Protégées par deux brevets internationaux, les poignées Ulna ont été étudiées et mises au point au sein du SMIT (service de consultation des maladies infectieuses et tropicales) du Centre Hospitalier Intercommunal de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). Elles répondent donc aux problématiques de contamination en milieu hospitalier en permettant d'ouvrir une porte sans utiliser ses mains. Mieux encore, avec neuf positions possibles, elles s'adaptent aussi bien aux enfants et personnes en fauteuil roulant qu'aux visiteurs et personnels. « Notre cible est bien plus large que le médical, même si c'est le secteur que nous adressons en priorité. Toutefois, nous visons également les écoles et les crèches, le CHR ou encore les collectivités, notamment pour les vestiaires des stades ou les toilettes publics. »

Course contre la montre
Aujourd'hui distribuées dans une vingtaine de pays, via un réseau de distributeurs de matériels médicaux, les poignées Ulna ont représenté 12% du chiffre d'affaires réalisé par l'entreprise en 2015 (2,6 M€). Vinci, l'entreprise de nettoyage industriel Hygiatech Services ou encore l'Hopital privé d'Athis-Mons (Essonne) en sont déjà équipés. « C'est un bon début, surtout en Australie et en Russie », juge Fabrice Fedida qui entend désormais accélérer. « En 2029, les brevets tomberont dans le domaine public. Nous avons donc treize ans pour inonder le marché mondial ». Une « course contre la montre » qui fera étape, en 2017, aux Etats-Unis. « Notre bureau d'études travaille à l'adaptation du système aux marchés américains, canadiens et finlandais ». En attendant, Sama Ulna cherche à lever des fonds, entre 100 et 400 K€, pour soutenir son développement. « Il s'agit de créer l'envie, et donc d'être visible en participant à une dizaine de salons internationaux ». Le dirigeant envisage également la possibilité de s'adosser à une multinationale positionnée sur le marché des équipements médicaux et des collectivités. L'immatriculation monégasque de la société pourrait être un plus.

Sama Ulna


(Monaco) Dirigeant : Fabrice Fedida CA 2015 : 2,6 M€ 7 personnes Tél. : 00 377 97 97 35 85 @email

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