Le créateur
Son CV, long comme le bras, en atteste. Le secteur du transport aérien et ses problématiques multiples n'ont plus aucun secret pour lui. Ancien directeur associé de Sabre EMEA (un des concurrents d'Amadeus), en charge des logiciels décisionnels, Christophe Imbert a contribué, entre autres, à la constitution du consortium Sabre/Airbus/Lufthansa pour optimiser le ciel européen. Auparavant, l'homme pilotait une start-up suédoise spécialisée dans la régulation des flottes et équipages des compagnies aériennes. Société rachetée par Sabre. Et puis, un jour, voilà que le sujet intermodalité tombe sur la table. « J'ai tout de suite vu l'intérêt de générer une réelle complémentarité entre le transport aérien, rail, bateaux, bus, et même alternatif avec les Uber et autres BlaBlaCar », raconte-t-il. Sauf que l'organisation complexe d'une firme comme Sabre n'était pas adaptée, et une certaine envie de revenir à un mode start-up l'ont conduit à créer en janvier 2014 la jeune pousse Milanamos, aujourd'hui incubée par Paca-Est.
Le concept
Milanamos se place à la croisée des mondes du big data et de la science prédictive au service du transport public de passagers. Son objectif tient dans le développement d'une plateforme logicielle permettant de construire des offres multimodales rentables. « Il existe beaucoup d'outils pour trouver un itinéraire entre un point A et un point B, mais aucun n'est capable d'évaluer en amont les synergies communes entre tous les systèmes de transport, de prévoir le trafic, de coordonner l'offre et d'optimiser les politiques tarifaires », explique-t-il. De cette réflexion, un premier produit naît, Planet Optim, lauréat de la phase I du Concours Mondial de l'Innovation en mars 2014. Destinée au secteur aérien, cette boîte à outils analyse et traite quelque deux milliards de données afin d'identifier de nouvelles opportunités de routes aériennes. « C'est un produit opportuniste, avance Christophe Imbert. Il répond à un besoin immédiat et permet de générer du CA ». Déjà une douzaine de clients l'ont adopté : compagnies aériennes, aéroports, sociétés de conseil. De même un partenariat avec NAMA, l'autorité consultante des Aéroports de la Côte d'Azur, a été conclu cet été pour proposer des services de pointe en matière de développement de réseaux et d'analyse de lignes aériennes.
Les perspectives
Reste que le gros du sujet est encore à faire. À cet égard, Milanamos vient de lever 300 000 euros auprès de Starquest Capital « afin d'amorcer cette brique multimodale ». Le lancement de la version 1 de la plateforme est programmé pour le troisième trimestre 2016. D'ici là, la jeune pousse prévoit de porter ses effectifs de 6 à 25 personnes, et d'opérer un deuxième tour de table, de 2 à 5 millions d'euros cette fois-ci. Parallèlement, un projet de laboratoire intermodal en Israël est en cours de montage entre Milanamos, une société de bus longue distance, deux opérateurs télécoms et l'université Technion. « Il s'agit de prévoir la mobilité à l'échelle d'un petit état et de prouver que le concept big data prédictif améliore l'intermodalité », conclut-il.