À 34 ans, Mickaël Robert est du genre intarissable lorsqu’il parle de son aventure personnelle et professionnelle. "J’ai transféré ma passion de la boxe vers Iron Bodyfit, raconte-t-il. J’y ai trouvé une équipe soudée, un esprit d’entreprise à l’américaine où tu peux entrer par la petite porte et progresser." Sur le papier, rien ne le prédestinait pourtant à devenir un haut responsable d’une société proposant des séances d’électrostimulation aux particuliers, une technologie qui sollicite les muscles grâce à des impulsions électriques.
Le hasard d‘une rencontre
Comptable de formation, l’homme est, à la base, plutôt un adepte des rings de boxe. Entre 2013 et 2020, l’Avignonnais gravit les échelons de son sport sans se douter qu’un jour son destin basculerait en quelques heures. "J’ai atteint trois demi-finales et une finale du championnat de France amateur en – de 91 kg. J’ai obtenu des titres régionaux et interrégionaux. On m’a intégré dans l’équipe de France et j’ai été à l’Insep pendant deux ans", développe-t-il. Une vilaine blessure à l’épaule, puis le Covid, stopperont son envol. "Quand j’ai repris après mon problème physique, je faisais du coaching. Une femme voulait que je l’entraîne. Cela lui a plu, elle a demandé plus de séances et on a élargi le groupe. Et puis, un jour, elle m’a dit que ça intéresserait son mari. Je suis donc allé donner un cours collectif en 2020 au siège d’Iron Bodyfit." Hasard de la vie, le mari en question se révèle être Hadri Jaffal, le fondateur de la marque. Entre crochets du droit et du gauche, le courant passe immédiatement entre ces deux-là. "On a échangé ensemble trois heures après le cours, se souvient Mickaël Robert. Il m’a proposé de rejoindre la société. Le lendemain, je démissionnais de Saint-Gobain où je travaillais au service comptabilité depuis dix ans".
Peu de rounds pour grimper
Séduit par "le challenge d’être les meilleurs en France", il fait ses premiers pas d‘abord au bas de l’échelle en tant que formateur réseau. Sa mission consiste alors à former les coachs et les futurs franchisés autour de l’électrostimulation. Très vite, l’ancien boxeur monte les échelons en vendant des master franchises de la société en Belgique, Espagne, Portugal, Australie et Émirats arabes unis notamment. "Je savais lire des tableaux Excel financiers, des business plans grâce à ma formation initiale de comptable, ça m’a aidé." L’homme est actuellement directeur du développement international de la société avec des fonctions opérationnelles pour accompagner les franchisés sur le terrain dans l’organisation commerciale, l’animation des réseaux, le parcours client… "Sur les rings j’avais une boxe offensive, j’étais un tank qui avançait. Mais il faut être stratège dans ce sport, encaisser, réfléchir. Aujourd’hui, je ne donne plus de coups mais des conseils, j’aide les gens à performer, je suis à leur service", sourit-il
"Captain America et couteau suisse"
En plus de son poste, celui qui se définit comme très ambitieux, "avec des dents qui ont toujours rayé le sol pour chercher l’excellence", a également ouvert directement quatre studios (bientôt cinq) et acheté l’exclusivité territoriale pour développer la marque au Luxembourg, en s’associant avec son frère. "C’est la cerise sur le gâteau. Je suis fils d’entrepreneurs, c’est normal que je me lance aussi. Je n’ai jamais vraiment été dans la posture d’un salarié, j’ai toujours fait comme si c’était ma boîte."
Aucun doute pour lui, le sport de haut niveau est un vrai plus dans sa carrière, entre business, bien-être et fitness. "En équipe de France, j’ai eu des entraîneurs qui m’aidaient à travailler sur des détails. Il fallait une motivation sans faille, de la persévérance. Je fais pareil dans mon métier", dit-il avant de se résumer en une punchline inattendue : "En fait, je suis à la fois Captain America et un couteau suisse".
Un retour sur les rings ?
À l’image de son ancienne catégorie de boxeur, Iron Bodyfit revendique être un poids lourd de l’électrostimulation avec une clientèle à 65 % féminine composée souvent de personnes, dont des séniors, "qui n’ont pas le temps ou n’aiment pas aller dans les salles de sport". Le modèle économique des franchises est basé sur un abonnement mensuel qui donne droit à une séance d’électrostimulation de 25 minutes par semaine. Fondée en 2015, la société (70 M€ de CA en 2024 "en incluant les comptes des franchises") se revendique comme la leader de son secteur sur le territoire national et ne possède aucun studio en succursale ou en nom propre. Elle revendique 530 coaches, "225 studios dont 151 en France", précise Mickaël Robert. L’entreprise du Vaucluse vise encore plus haut puisque 70 ouvertures de franchises sont prévues tandis que la société, déjà présente aux USA, entend accélérer ses implantations outre-Atlantique.
D’ici là, l’ex-boxeur, dont le premier match professionnel n’a pas pu avoir lieu à cause de la crise sanitaire, ne dit pas non à un retour sur les rings. Un rêve parmi d’autres. "Je n’ai pas coupé, j’aime toujours autant et j’en fais en loisirs, confie-t-il. Mais je ne ferme pas cette possibilité. J’ai fait 48 combats. J’aimerais atteindre les 50 !"