Métaux critiques : les industriels adoptent des stratégies pour échapper aux tensions d’approvisionnement
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Métaux critiques : les industriels adoptent des stratégies pour échapper aux tensions d’approvisionnement

Une note de La Fabrique de l’industrie revient sur les grandes problématiques rencontrées par les industriels dans leur approvisionnement en métaux critiques. Dans un contexte défavorable pour les Européens, les entreprises tentent de reprendre la main.

Pour échapper au risque de pénurie en matière d'approvisionnement, les constructeurs automobiles tentent notamment de diversifier les matériaux utilisés dans les batteries — Photo : Nikomsolftwaer

Les industriels français s’organisent face à leur dépendance aux importations de métaux critiques. Une note de La Fabrique de l’industrie dédiée au "défi des grandes dépendances" de l’industrie aux métaux critiques retrace les différentes stratégies mises en place par les entreprises françaises face à ce phénomène.

Une forte dépendance dans un contexte défavorable

"La dépendance européenne s’inscrit dans un contexte de forte concentration géographique de métaux non ferreux, de l’extraction de minerais au raffinage de métaux", rappellent les auteurs, David Lolo et Jonathan Fellous. Cette concentration est surtout liée à la Chine, qui représente 70 % du raffinage mondial de lithium, 91 % du raffinage de terres rares et jusqu’à 98 % de raffinage de gallium.

Des embargos sur certains minerais

Les entreprises doivent faire face à un "déséquilibre structurel et croissant entre l’offre et la demande" et une "fragilité du libre-échange des minerais et des métaux, matérialisée par la mise en place de barrières commerciales", expliquent les auteurs. Ils citent notamment la mise en place d’un embargo sur les minerais de manganèse, utilisé par l’aéronautique, la défense et pour les batteries, au Gabon dès 2029 et des restrictions à l’exportation par la Chine sur les terres rares et les aimants permanents.

Trois stratégies pour échapper au risque

Pour faire face aux risques d’approvisionnement, les industriels mobilisent trois principaux leviers selon cette étude. Airbus et de Safran ont par exemple "réduit leur exposition au titane russe en diversifiant leurs sources d’approvisionnement et en rachetant leur fournisseur Aubert & Duval". Mais la diversification des sources d’approvisionnement "peut générer des coûts logistiques supplémentaires et cacher une dépendance plus en amont sur la chaîne d’approvisionnement", selon les auteurs.

Renault et Stellantis sont également cités en tant que consommateurs de métaux pour les batteries de leurs véhicules. Les constructeurs ont contractualisé directement auprès d’entreprises minières voire sont entrés à leur capital. Les deux acteurs français vont aussi plus loin en exploitant "des opportunités de substitution de la matière, en témoigne leur diversification en cours vers les batteries LFP" (batteries lithium fer phosphate, NDLR).

Des blocages persistent

Malgré ces initiatives privées, qui s’ajoutent aux différentes stratégies institutionnelles notamment du côté européen, les défis sont "encore nombreux", préviennent les auteurs. Ils citent par exemple les "lourdeurs administratives" ou encore l’enjeu du recyclage, qui n’est pas encore maîtrisé en France.

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