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Métaux et terres rares : la Commission européenne tente d’organiser une réponse face à la Chine
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Métaux et terres rares : la Commission européenne tente d’organiser une réponse face à la Chine

Stéphane Séjourné, vice-président exécutif pour la prospérité et la stratégie industrielle de la Commission européenne, a réuni les industriels concernés par les mesures de restriction sur l’exportation des métaux et terres rares mises en place par la Chine. En réponse, la Commission européenne prépare différentes initiatives.

L’Europe est entièrement dépendante de ses importations sur 17 métaux et terres rares — Photo : LMC

Lithium, graphite ou encore germanium : ces métaux et terres rares sont omniprésents dans nos appareils électroniques, des batteries aux semi-conducteurs. Face aux restrictions annoncées par la Chine sur l’exportation de ces matières premières, la Commission européenne organise sa réponse.

Les industriels réunis

Stéphane Séjourné, vice-président exécutif pour la prospérité et la stratégie industrielle de la Commission européenne, a réuni les industriels concernés les 20 et 21 octobre. "La situation varie considérablement d’un secteur à l’autre, ce qui nécessite des solutions spécifiques et rend peu probable une solution unique à court terme", prévient le Cabinet de Stéphane Séjourné. Concrètement, l’Europe est dépendante à 100 % de ses importations sur 17 matières premières critiques.

Les participants se sont accordés sur "la nécessité d’accélérer notre stratégie de réduction des risques sur la gestion de la chaîne d’approvisionnement à moyen et long terme", poursuit le Cabinet. La réponse à la Chine reposera sur "deux piliers essentiels" que sont la solution diplomatique et l’approvisionnement avec une production dans l’Union européenne ainsi que de "nouveaux partenariats renforcés avec les pays tiers", ajoute le Cabinet.

Des "tensions très fortes avec la Chine"

Au cours d’une audition devant les commissions des affaires économiques du Sénat et de l’Assemblée nationale le 14 octobre, Stéphane Séjourné a évoqué des "tensions très forte avec la Chine" pour les entreprises importatrices. Le vice-président cite des sociétés "soumises à des chantages avec des licences d’exportations délivrées de plus en plus rarement et l’impossibilité de faire du stockage".

Un autre élément inquiétant évoqué par le vice-président est la demande aux entreprises de délivrer des documents confidentiels sur des secrets de fabrication industrielle.

Vers des mines en Europe

La Commission européenne "prépare différentes initiatives", selon le Cabinet de Stéphane Séjourné, sur la question d’un centre d’achats et de stockages communs et du recyclage.

Pour la Commission européenne, l’objectif est de produire près de 10 % de ces matières premières en Europe avec 47 projets de production et de réouverture de mines. Pour permettre le développement de cette nouvelle industrie, la Commission européenne est prête à assurer "des garanties, des subventions et à labelliser des projets pour faire venir des investissements privés", a déclaré Stéphane Séjourné devant les députés et sénateurs.

Des gisements en France

Quelques projets existent déjà en France notamment dans l’Allier où un gisement de lithium, exploité par Imerys, pourra être utilisé pendant 50 ans. Le lancement de la mine est prévu en 2030. La filière du recyclage est aussi organisée avec des acteurs comme Mecaware près de Lyon et Carester dans les Pyrénées-Orientales. En Alsace, une usine de production de lithium, portée par Viridian, est aussi en projet.

Cinq zones du territoire métropolitain et ultramarin font par ailleurs l’objet d’analyses par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières : le Massif central, les Vosges, les Pyrénées, les Cévennes et la Guyane. Objectif : établir un inventaire de la ressource en minerais stratégiques. Lancé début 2025, le programme d’identification doit durer cinq ans.

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