Le fonds lyonnais Mérieux Equity Partners (18 investisseurs ; 1,6 milliard sous gestion) annonce qu’il vient d’investir dans Ona Therapeutics (une vingtaine de salariés à Barcelone), biotech pionnière dans le développement d’anticorps conjugués à des médicaments pour traiter des cancers avancés résistants aux traitements.
"Un financement global de série B sursouscrit (offres de financement supérieures à la cible initiale) de 86,6 millions de dollars", indique Valérie Calenda, associée en charge des fonds innovation chez Mérieux Equity. Il s’agit du 2e investissement du fonds Mérieux Innovation 2 (après deepull en 2025), et de la 2e levée de la biotech qui avait déjà réuni 30 millions d’euros en juin 2020.
Appétit décuplé des investisseurs
Parmi les nouveaux entrants, figurent donc les fonds Mérieux Equity Partners (via son fonds et Columbus Venture Partners, coleaders et syndics du tour, avec la participation de Cofides et Korys Investments. Les investisseurs historiques Alta Life Sciences, Asabys Partners, Bpifrance, CDTI INNVIERTE, FundPlus NV et Ysios Capital remettent au pot.
La répartition du capital n’est pas dévoilée mais la ruée vers l’or Ona des financiers ne peut que rappeler le fantastique succès de la plateforme thérapeutique Mablink, elle aussi spécialiste des anticorps conjugués contre le cancer et également accompagnée par MEP. Et cédée "précocement" en décembre 2023, cinq ans après sa création, à la big pharma américaine Eli Lilly and Company pour la somme de 3,94 milliards de dollars.
Valérie Calenda s’enthousiasme : "Ona incarne parfaitement le type d’entreprise à fort impact avec laquelle nous souhaitons nous associer : une équipe de grande qualité développant un portefeuille solide et différencié, alliant une compréhension approfondie de la biologie à une stratégie de développement très ciblée. La solidité des données précliniques relatives aux développements précliniques pour le cancer du sein, l’étendue des opportunités au sein du portefeuille et nous donne une grande confiance dans le potentiel à long terme de la société"
Preuve de concept en 2029 ?
Le montant levé permettra de faire avancer le développement clinique du programme phare firstin-class (thérapie pionnière utilisant un mécanisme d’action totalement inédit pour traiter une pathologie). Ona-255 dans le cancer du sein, jusqu’à la preuve de concept clinique espérée pour 2029 (fin de la phase I et potentielle première fenêtre de sortie pour le fonds lyonnais), et de faire progresser leurs recherches en phase préclinique pour le cancer colorectal. Valérie Calenda rejoint le conseil d’administration d’Ona. "Comme le tour a été sursouscrit, nous avons les même fonds pour commencer les développements précliniques d’un 3e traitement", ajoute l’investisseuse, qui confie avoir été "bluffée" par l’équipe de la biotech barcelonaise, dotée d’une "vision claire pour traduire une biologie innovante en thérapies cliniquement pertinentes".
Moment charnière
Ce financement intervient à un moment charnière du développement d’Ona, alors que la société entre en phase de développement clinique et commence à générer les premières données de sécurité et d’efficacité pour le cancer du sein chez l’humain.
Ona développe donc un portefeuille d’ADC différencié (anticorps monoclonaux pour acheminer un principe actif puissant vers les cellules cibles) pour traiter des cancers résistants aux traitements. Un domaine thérapeutique qui intéresse en tout premier lieu les grands laboratoires pharmaceutiques susceptibles de reprendre le projet arrivé à maturité.
C’est précisément sur cette mise en orbite que travaille MEP dont tout l’écosystème Mérieux entre autres va bénéficier à Ona, des réseaux hospitaliers pour sa recherche clinique à ses futurs repreneurs laboratoire pharmaceutiques, sans oublier l’accompagnement d’un de ses associés, Jean-Guillaume Lafay, ex-président de… Mablink.