Masselin : Une joint venture en Inde
# Industrie

Masselin : Une joint venture en Inde

Biens d'équipement. L'entreprise de fabrication de ressorts du Petit-Quevilly, spécialisée dans la production de petites séries à forte valeur ajoutée, part à la conquête du sous-continent indien. Elle a signé, en décembre dernier, un accord de joint venture avec la société Suma.

Europe, Asie, Amérique du Nord et Amérique du Sud, quatre lieux et quatre implantations pour Masselin, spécialiste des ressorts pour l'industrie de haute technologie, avec pour objectif de: «Couvrir la zone monde». Un challenge entamé depuis deux ans par Jean Masselin, président des Ressorts Masselin, société créée à Rouen en 1826, avec la recherche d'un associé indien capable de signer avec lui une joint venture commerciale pour s'installer sur ce marché en devenir. Les marchés industriels potentiels pour Masselin peuvent intéresser les quatre domaines de compétence de la société de Petit-Quevilly: l'énergie, les biens d'équipement, le ferroviaire et l'aéronautique. «Développer l'international était l'un des points forts de notre projet d'entreprise. Il aura fallu deux ans de recherche pour trouver le bon partenaire indien, car il est long et difficile de travailler avec eux en raison de l'éloignement du pays mais aussi des différences de culture et de mentalités», explique Jean Masselin qui précise aussi la nécessité d'être patient: «Il faut environ cinq ans pour s'installer».




Far West moderne

«Masselin

Suma Spring India» est le nom donné à la nouvelle société créée avec l'industriel indien Suma, implanté à Bangalore, ville du sud de l'Inde et capitale de l'État du Karnataka. «C'est la capitale économique de l'Inde, notamment pour l'aéronautique. Une sorte de Far West moderne empli d'opportunités», s'enthousiasme Jean Masselin. Avec son effectif d'une centaine de personnes, Suma cherche à élargir son champ de compétences, exclusivement dédié à l'automobile et aux deux roues. «Je veux aider Suma à se positionner sur des marchés nouveaux comme l'aéronautique».




Une production locale et pas de délocalisation Pour les nouveaux associés, l'investissement à consentir représente entre 500.000 et un million d'euros chacun, afin d'acheter les premières machines. Mais, attention, le président de
Masselin tient à être très clair, il ne s'agit pas pour son entreprise de délocaliser son lieu de production


: «L'objectif de cette joint venture est de travailler pour le marché local indien. Nous n'allons pas produire en Inde pour vendre ensuite en Europe. Nous continuerons de produire pour l'Europe à partir du siège de Petit-Quevilly». Le chef d'entreprise en veut pour preuve l'achat d'une nouvelle machine de 600.000€ et le recrutement en 2011 d'une vingtaine de nouveaux salariés. Un mouvement qui devrait se poursuivre sur la partie production en 2012.




Innovation

Discret sur le sujet pour ne pas alerter la concurrence, Jean Masselin révèle pourtant la mise au point de nouveaux ressorts composites à destination du secteur aéronautique européen, puis à terme de l'Inde: «l'Inde sera un acteur important de la production aéronautique avec l'Amérique du Nord et du Sud. Ce que nous proposons à nos clients avec ces nouveaux ressorts, ce sont des solutions élastiques qui permettront de gagner en légèreté et donc de consommer et polluer moins. Dans les vingt ans, le monde aura besoin de 35.000 avions et 27.000 hélicoptères nouveaux. D'énormes marchés s'ouvrent à nous sur ces secteurs mais, il faudra compter avec les Chinois et les Brésiliens».



Sébastien Colle

Masselin



(Petit-Quevilly) Président: Jean Masselin Effectif: 160 salariés Chiffre d'affaires 2011: 18,5M€ (+24% par rapport à 2010) www.masselin.com Tél: 02.32.18.18.19

# Industrie