Scintil Photonics lève 50 millions d’euros pour accélérer son développement à l’international
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Scintil Photonics lève 50 millions d’euros pour accélérer son développement à l’international

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La start-up grenobloise Scintil Photonics vient de boucler une levée de fonds de 50 millions d’euros pour accélérer son développement. Sa technologie, qui utilise des circuits photoniques intégrés sur silicium, utilisant la lumière pour transporter plus rapidement de l’information est particulièrement adaptée à la nouvelle génération de data centers.

La pépite grenobloise Scintil Photonics, essaimage du CEA, développe et commercialise des circuits photoniques intégrés sur silicium pour les infrastructures d’IA — Photo : scintil-photonics

La start-up grenobloise Scintil Photonics (30 salariés ; CA : NC), qui développe et commercialise des circuits photoniques intégrés sur silicium (NDLR, ces circuits utilisent de la lumière pour transporter de l’information) pour les infrastructures d’IA, a annoncé cette semaine la clôture d’une levée de fonds de 50 millions d’euros (58 M$).

L’opération a été menée par Yotta Capital Partners et NGP Capital, avec la participation de l’éditeur de logiciels et fabricant de processeurs graphiques américain NVIDIA. Ce tour de table inclut la participation de BNP Paribas Développement, aux côtés des investisseurs existants tels que Supernova Invest, Bpifrance Digital Venture, Innovacom, Bosch Ventures, Applied Ventures ITIC Innovation Fund (AVITIC). La deeptech, fabless (qui sous-traite l’intégralité de sa fabrication) avait déjà levé 19 millions d’euros en 2022.

Une technologie clef pour les centres de données d’IA

Créée en 2018 par essaimage du CEA, la jeune pousse conçoit donc des puces photoniques intégrées, qui au lieu de faire circuler l’information via des signaux électriques (plus lents et gourmands en énergie), utilisent des signaux lumineux directement sur la puce. Une technologie permettant d’augmenter massivement la bande passante, de réduire la latence et la consommation d’énergie des centres de données. Elle vise notamment les infrastructures qui hébergent de gigantesques grappes de GPU (cartes graphiques) pour l’intelligence artificielle.

Cette levée de fonds devrait permettre à la pépite, d’accélérer la production d’un nouveau type de puces appelées "moteur optique monopuce DWDM-native", générant et gérant directement plusieurs canaux lumineux simultanés pour transporter des quantités massives de données. "L’efficacité énergétique de notre technologie contribue non seulement à réduire les coûts d’exploitation des centres de données, mais aussi à diminuer l’empreinte carbone des infrastructures IA", a déclaré Matt Crowley, dirigeant de Scintil Photonics. "La plateforme de photonique intégrée de Scintil est essentielle pour faire passer à l’échelle la prochaine génération des fabriques d’IA", a déclaré pour sa part Vincent Deltrieu, associé gérant chez Yotta Capital Partners.

Renforcer sa présence aux États-Unis

L’opération financière va également permettre à Scintil de renforcer sa présence aux États-Unis, où sont déjà basés le directeur général et le responsable développement produit et au Canada, à Toronto où est situé son centre de design. L’objectif de la levée de fonds est d’accélérer cette présence américaine, notamment en Californie, au cœur de la Silicon Valley — où se trouve une grande partie des acteurs stratégiques du marché — avec un laboratoire dédié au support clients.

e Matt Crowley, directeur général de Scintil Photonics et Sylvie Menezo, fondatrice et directrice technique de Scintil Photonics — Photo : Scintil

La deeptech va toutefois continuer de croître à Grenoble, qui représente l’un des principaux pôles mondiaux d’innovation en photonique et en semi-conducteurs et où sont situés le siège et le centre R & D de l’entreprise. Implantée au cœur de l’écosystème européen des semi-conducteurs avancés, Scintil bénéficie ainsi de la proximité d’institutions telles que le CEA-Leti et de grands acteurs mondiaux des semi-conducteurs présents dans la région, avec des entreprises telles que Soitec ou STMicroelectronics. De quoi lui offrir un vivier de talents et un environnement propice à l’innovation collaborative. L’entreprise qui compte à ce jour 30 salariés, dont 22 à Grenoble, devrait intensifier ses recrutements dans la foulée de l’opération.

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