Marseille : Euroméditerranée fête ses vingt ans

Marseille : Euroméditerranée fête ses vingt ans

C’est en effet en 1995 qu’a été lancée l’opération d’aménagement d’intérêt national Euroméditerranée sur 310 hectares allant de la Joliette et des bassins du port à la gare Saint Charles en passant par la rue de la République et Arenc. Une opération qui avait notamment pour ambition de rendre la mer aux Marseillais et qui a ainsi transformé l’image de la Cité phocéenne. Depuis 2007, une opération Euroméditerranée 2 est en cours sur 169 hectares supplémentaires, au Nord du premier site.

Tout le monde en convient. Euroméditerranée a été une réussite. Longtemps considérée comme l’Arlésienne locale, l’opération a toutefois eu du mal à sortir de terre. Pourtant, vingt après, les chiffres sont éloquents : 18.000 emplois ont été créés et près de 800 entreprises ont été attirées sur son périmètre. L’offre immobilière s’est également largement étoffée avec a construction de près de 6.500 logements neufs. De leur côté, plus de 5.000 logements ont été restaurés. «
L’ambition de départ était qu’un euro public investi entraîne trois euros du secteur privé », rappelle Renaud Muselier, qui a présidé deux fois l’établissement public, de 1995 à 2002 et de 2005 à 2008. «
Euroméditerranée est la preuve que quand il existe une vision avec une véritable volonté politique, les changements électoraux et les aléas de la vie politique ne changent rien. Il est possible de s’inscrire dans le temps et de créer malgré les changements politiques en local et même au national. Euroméditerranée n’est jamais devenu un enjeu électoral », ajoute-t-il. Car, les cinq présidents qui se sont succédés à la tête de l’opération le reconnaissent, « sans participation de l’Etat, rien n’aurait été possible ». En vingt ans, alors qu’Euroméditerrannée prenait forme et réalité, le chômage à Marseille est passé de 22% à 11%. «
Mais Euroméditerranée ne se résume pas à la simple création d’un secteur d’affaires », précise de son côté Bernard Morel, président de l’établissement public depuis 2014. Euroméditerranée a en effet aussi contribué à créer un hôpital, des salles de spectacle, un centre commercial et un musée national… Economie, logement, culture, l’opération a été vécue comme un accélérateur de métropole. C’est d’ailleurs désormais l’enjeu du projet : s’incrire dans la démarche métropolitaine Aix-Marseille. Mais Guy Teissier l’a souligné : «
Euroméditerranée s’est fait grâce au soutien de l’Etat et grâce à sa participation financière. Il en va de même pour la future métropole. Rien ne se fera si l’Etat ne contribue pas au financement de projets. La somme des budgets des EPCI ne constitue pas un budget de métropole ».



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