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Marjolaine Cavaglieri (Fatec) : "Nous avons recruté cinquante salariés en montant une entreprise éphémère"
Témoignage Marseille # Services aux entreprises # Ressources humaines

Marjolaine Cavaglieri (Fatec) : "Nous avons recruté cinquante salariés en montant une entreprise éphémère"

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Le groupe marseillais Fatec, spécialiste de la gestion de flottes, avait besoin de recruter sans trouver les salariés potentiels. Son dirigeant, Théophane Courau, a donc créé une entreprise éphémère, afin de faire monter en compétences une cinquantaine de personnes éloignées de l’emploi et de les recruter.

Les cinquante associés de l’entreprise éphémère Solution Fatec — Photo : Sebanado

L’entreprise marseillaise Fatec, spécialiste de la gestion de flottes automobiles, créée en 2013 et dirigée par Théophane Courau, peinait à recruter, dans un contexte de tensions sur le marché du travail et de difficultés à trouver des candidats formés. Face à cette problématique, elle s’est tournée vers la création d’une entreprise éphémère. "Pour accompagner notre développement commercial et nos nouveaux clients, nous devions recruter une cinquantaine de personnes sur deux types de postes : des conseillers techniques et des gestionnaires de flottes automobiles, confie Marjolaine Cavaglieri, directrice des ressources humaines de Fatec. Nous avons alors découvert le concept d’entreprise éphémère et nous nous y sommes intéressés de plus près".

L’entreprise éphémère, démarche soutenue par France Travail, a été créée il y a une dizaine d’années par Didier Krief et Céline Garence. L’idée est de proposer à au moins une cinquantaine de personnes en recherche d’emploi de devenir associés au sein d’une entreprise (éphémère donc) dont la vocation est de leur donner un emploi.

Une entreprise éphémère dédiée à Fatec

"Nous avons souhaité créer une entreprise éphémère qui soit spécifique à Fatec et nous avons défendu ce projet auprès de France Travail et de la Dreets (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités). Une première dans le département des Bouches-du-Rhône et sur deux métiers distincts. Après validation en novembre, pour trouver les cinquante personnes, nous avons contacté toutes les structures qui accueillent des personnes éloignées de l’emploi, nous avons participé à des forums de l’emploi, à différents salons de l’automobile et communiqué sur les réseaux sociaux sur notre projet".

Évaluation et sélection

En décembre 2023, l’entreprise éphémère Solution Fatec était ainsi parvenue à rassembler plus de 1 000 CV. Une présélection a réduit ce volume à 120 candidats qui ont ensuite été réunis dans les locaux de l’Épopée, site dédié à l’innovation éducative dans les quartiers nord de Marseille. "Nous avons présenté l’entreprise, nos métiers et nous avons réalisé une évaluation sur le niveau de français et sur les connaissances en termes de mécanique. Une sélection a été faite et nous avons retenu soixante candidats". Début janvier, l’entreprise éphémère Solution Fatec ouvre ainsi ses portes et reçoit ses associés. Durant trois semaines, se succèdent présentation de l’entreprise, des équipes, des métiers et immersion durant trois journées au sein de Fatec. "Cette immersion est importante. Elle permet aux futurs recrutés de mieux comprendre à quoi peuvent servir les formations qui vont suivre durant quatre semaines. C’est une expérience très intéressante pour les demandeurs d’emploi qui sont soutenus par la force du collectif.

Sans cette approche, nous n’aurions jamais recruté un seul de ces cinquante salariés qui étaient au départ très loin de nos prérequis en termes d’embauche".

Tout le concept repose sur ces sept semaines de formation au sein de l’entreprise éphémère. "Nous n’aurions jamais accordé sept semaines de formation à un recrutement classique. L’entreprise éphémère est une opération intégralement financée par le Plan d’investissement dans les compétences, Cap Transea. Toutefois, pour la mener à bout, il faut du courage, des convictions, être agiles. C’est un travail de co construction qui nécessite un investissement en temps et en compétences", commente Marjolaine Cavaglieri. Les contrats de travail ont ainsi été signés à la mi-février, à l’issue d’une procédure lancée au milieu 2023.

"En mettant sur place une entreprise éphémère, nous avons également grandi sur la formation de nos propres collaborateurs, assure la directrice des ressources humaines. Tout cela entre dans notre démarche RSE, car nous avons ouvert le champ des possibles à des personnes qui, sans cela, n’auraient jamais pu être recrutées par notre entreprise".

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