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Maison Biraben, des marchés aux plats cuisinés
Pyrénées-Atlantiques # Agroalimentaire # Made in France

Maison Biraben, des marchés aux plats cuisinés

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En près de 70 ans, la conserverie artisanale Maison Biraben, dans le Béarn, a grandi au fil des générations. Alors que la quatrième s’apprête à rejoindre l’aventure familiale pour y développer une gamme de plats cuisinés, l’entreprise affiche sa vitalité après des turbulences provoquées par les épisodes de grippe aviaire.

Les frères Pierre et Cyrille Biraben, avec Renée Biraben, dans la cuisine familiale en 1980 — Photo : Archives Maison Biraben

À chaque génération, son empreinte laissée dans l’histoire de la Maison Biraben. Près de 70 ans après la création de l’entreprise familiale à Beuste, dans le Béarn, Clara Biraben, 24 ans, rejoint elle aussi l’épopée familiale d’une entreprise de conserverie et produits du Sud-Ouest qui remplit les placards des consommateurs.

Avec 7 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023 et 45 employés, Maison Biraben continue de se diversifier, comme elle l’a fait au fil des époques, avec en objectif d'accentuer encore davantage la commercialisation de ses plats cuisinés. Elle souhaite notamment multiplier les points de vente et investir les cantines d'entreprises.

"Quand mes grands-parents ont commencé, ils vendaient le poulet vivant parce qu'autrefois on faisait tout soi-même. Aujourd'hui, on amène le plat prêt pour que le client n'ait plus grand-chose à faire."

Sur les quatre dernières années, plus de 1 million d’euros a été investi pour entretenir et moderniser l’outil de travail, toujours installé à Beuste, mais aujourd’hui étalé sur 4 500 m² de bâtiments. "Quand mes grands-parents ont commencé, ils vendaient le poulet vivant parce qu’autrefois on faisait tout soi-même. Aujourd’hui, on amène le plat prêt pour que le client n’ait plus grand-chose à faire", résume Cyrille Biraben, 56 ans, codirigeant actuel avec son frère Pierre.

L’essor de Lourdes

L’histoire a débuté sur les marchés, ceux arpentés dès 1946 par Joseph et Odette dans le Béarn, les Landes et le Pays basque pour trouver volailles, canards et oies à revendre aux éleveurs. Très vite, les époux profitent de l’essor de Lourdes, deuxième ville hôtelière de France, et de sa restauration de groupe. "À l’époque, il y avait des pèlerinages de sept jours et les menus des hôtels comportaient toujours de la poule au pot et des poulets rôtis", se souvient Pierre Biraben, 54 ans. Le couple vend aussi des œufs par milliers, achetés à la douzaine sur les marchés de Tarbes, Pau, Nay, Soumoulou, Morlaàs ou Hagetmau.

Renée et Dany Biraben, sur le stand des halles de Nay, en 1975 — Photo : Archives Maison Biraben

Pendant dix ans, Joseph et Odette mènent leurs barques à deux, avant d’être rejoint par "le frère de mon grand-père et sa femme, Jean et Renée", puis, dès 1960, "par notre père Jean, qui avait 15 ans", se souvient Pierre. Le fils se marie trois ans plus tard avec Danielle, "Dany", et la Maison Biraben vend ses confits et ses canards gras au marché de Nay, aux hôteliers de Lourdes, aux bouchers charcutiers ou aux particuliers. "Ils étaient six et ils travaillaient beaucoup", résument leurs petits-fils.

Odette Biraben, sur le marché au gras de Pau, en 1978 — Photo : Archives Maison Biraben

Les pilotes de l’aéropostale, VRP de choix

Les années 1980 marquent un tournant, si bien qu’à la fin de la décennie, Maison Biraben emploie 18 salariés, pour 18 millions de francs de chiffre d’affaires. C’est le début de la vente par correspondance, portée par des VRP de choix : les pilotes de l’aéropostale. "Ils venaient manger chez un restaurateur du coin qui nous achetait des confits dans les pots en grès, se souvient Pierre. Ils ont tellement aimé qu’ils sont venus nous acheter des conserves." Les pilotes, qui volent entre Paris, Ajaccio et Pau, font connaître les produits Biraben et, à l’occasion, "nous ramènent des oursins d’Ajaccio".

Les frères Pierre et Cyrille Biraben, avec Renée Biraben, dans la cuisine familiale en 1980 — Photo : Archives Maison Biraben

Le commerce des œufs est toujours aussi important. "Quand on en avait 10 et 12 ans avec Cyrille, on a appris à compter en douzaine d’œufs, ça a été notre torture pendant des années !", s'amuse Pierre.

Premières boutiques et grande distribution

Les ouvertures de boutiques débutent aussi dans ces années-là. "Pour l’ouverture de notre boutique à Pau, en 1981, il y avait une étape du Tour de France qui passait par Nay et on était allé distribuer des flyers. J’avais même voulu en donner aux coureurs qui m’ont répondu qu’ils ne mangeaient pas de foie gras", s’esclaffe Cyrille.

Une boutique Biraben installée aux Halles de Pau en 1999 — Photo : Maison Biraben

Alors que l’économie hôtelière de Lourdes se transforme et que ce débouché se referme pour la famille, les deux frères développent "leur truc", la conserverie. Le marché de la grande distribution est alors en pleine mutation. "Notre père a beaucoup investi en 1988 pour faire les premiers ateliers de conserves et il a embauché un vrai chef de cuisine, un ancien restaurateur, Jean-Claude Arricaud qu’on appelait 'le chef'."

Pierre, Joseph, Cyril et Jean, trois générations de Biraben, immortalisées en 2004 — Photo : Maison Biraben

Plats cuisinés, épicerie, pâtés et conserves partent pour les étals des supermarchés. "On est passé d’une production artisanale à un modèle plus solide." L’agrément CEE (pour Communauté économique européenne) obtenu grâce aux investissements est un atout majeur.

Soutien des éleveurs et grippe aviaire

Depuis le début des années 1990, Maison Biraben est engagée dans la reconnaissance du savoir-faire des éleveurs. Avec des anciens du marché de producteurs de Lourdes et des Périgourdins, ils montent un Comité Renaissance en 1992, au cahier des charges de production calqué sur le modèle traditionnel.

"On se trouvait face à un modèle industriel, avec l’entrée massive en France de canards bulgares et roumains et des prix qui se cassaient la gueule et nous, on voulait préserver ce modèle de production", explique Cyrille.

Les produits Biraben dans les années 1990 et 2000 — Photo : Maison Biraben

Les clients de Maison Biraben ont pris l’habitude de voir le portrait du gaveur ou de l’éleveur sur l’étiquette de leurs produits. "C’est impensable de ne pas les mettre en avant, sans eux on n’est rien, c’est l’ADN de notre façon de faire", résume Pierre.

Les producteurs avec lesquels travaille la Maison Biraben viennent du Nord Béarn et de Chalosse, dans les Landes. Un choix du local qui a pesé très lourd lors des épisodes successifs de grippe aviaire qu’a connus le Sud-Ouest, durement touché. "On avait environ une vingtaine d’éleveurs et aujourd’hui on n’en a plus qu’une douzaine", assurent les deux frères. En 2021, "pire année pour l’entreprise", alors que plusieurs millions de canards ont été abattus en France, le chiffre d’affaires chute de 7,5 à 5,5 millions d’euros.

L’équipe actuelle de Maison Biraben, qui emploie aujourd’hui une quarantaine de salariés — Photo : Maison Biraben

Aujourd’hui, l’entreprise est revenue à 7 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023 et, avec l’arrivée de la fille de Pierre, Clara, l’histoire familiale continue. Les cousins ne sont pas bien loin. "Il y aura de la suite", sourient les deux frères, confiants.

Fiche entreprise

45 salariés sur le site de production à Beuste et dans les cinq points de vente, à Nay, Pau, Coarraze et Lons, dans les Pyrénées-Atlantiques

7 millions d’euros

C’est le chiffre d’affaires de l’entreprise en 2023. En 2021, il avait chuté à 5,5 millions d’euros, suite à un épisode de grippe aviaire particulièrement dur

Dirigeants : Pierre et Cyrille Biraben

Petits-fils des fondateurs Joseh et Odette, ils sont entrés dans la société depuis les années 1990 et, à 54 et 56 ans, pensent à leur suite.

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