L’ETI nordiste Macopharma vient de signer la première acquisition de son histoire. À travers sa holding - le groupe Macopharma International, détenu à 100 % par Gérard Mulliez - Macopharma a racheté l’entreprise allemande LMB Technologie. Celle-ci réalisait en 2023 un chiffre d’affaires de 8 millions d’euros, avec 140 salariés.
Grâce à cette opération, qui sera finalisée début 2025, le fabricant de kits de transfusion sanguine, basé à Mouvaux (Nord), se dote d’une activité de production complémentaire, en vue d’accélérer son développement sur certaines zones géographiques. Macopharma réalisait en 2023 un chiffre d’affaires de 170 millions d’euros, avec 2 000 salariés dans le monde. L’ETI ambitionne une croissance de 40 % de ce chiffre d’ici 2028.
Des prix plus compétitifs
Fondé il y a près de 40 ans, LMB Technologie fabrique des équipements essentiels pour la collecte de sang, comme des agitateurs de poches de collecte, des presses pour séparer les composants sanguins, ou encore des soudeuses pour les tubes de collecte. Autant de compétences qu’il était judicieux d’acquérir pour l’industriel nordiste. "Macopharma est positionné sur la vente de solutions complètes à ses clients, explique Caroline Hernu, la directrice générale. Ces solutions comprennent les kits de transfusion sanguine que nous fabriquons, mais aussi les équipements dédiés, que nous achetions jusqu’à présent et enfin, de la maintenance".
En intégrant un fabricant d’équipements, Macopharma va pouvoir proposer à ses clients des prix plus concurrentiels, tout en dégageant davantage de marge. "Sur certains marchés, nous n’étions pas assez compétitifs sur les équipements, nous n’y vendions donc que nos kits", détaille la dirigeante. Grâce à cette acquisition, Macopharma compte se renforcer en Europe de l’Est, en Amérique latine et au Moyen Orient.
D’autres axes de croissance
Cette activité équipements représente 8 % du chiffre d’affaires global de Macopharma. "Notre ambition est de doubler le chiffre d’affaires de cette activité, à l’horizon 2028", annonce Caroline Hernu. Au même horizon, le chiffre d’affaires global doit quant à lui croître de 40 %, porté par deux autres axes de croissance. D’une part, l’innovation. "En 2025, nous allons mettre sur le marché une technologie d’inactivation des pathogènes (virus ou bactéries, NDLR) dans les concentrés plaquettaires. Ces concentrés sont testés après le don du sang, mais il n’est pas possible de détecter des virus ou bactéries émergents, d’où l’intérêt de cette technologie", résume la dirigeante.
Pénétrer le marché américain
D’autre part, l’ETI mise sur le marché américain. "Macopharma y est encore peu présent, mais y porte de fortes ambitions à l’horizon 2028", annonce Caroline Hernu. Cette pénétration du marché américain sera facilitée par une tendance : "les Américains commencent à s’intéresser aux technologies européennes sur le process sanguin", constate-t-elle. Sur un marché de la collecte sanguine plutôt stable dans les pays développés, et en croissance dans les autres pays, Macopharma cherche ainsi à atteindre une taille critique. Face à d’importants concurrents, pour qui la collecte de sang est une activité parmi d’autres, Macopharma fait la différence grâce à sa spécialisation en la matière.