MaaT Pharma lance une nouvelle augmentation de capital pour financer ses essais cliniques
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MaaT Pharma lance une nouvelle augmentation de capital pour financer ses essais cliniques

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Confrontée à la nécessité de financer sa stratégie clinique, MaaT Pharma ouvre une nouvelle augmentation de capital. Spécialiste de la médecine du microbiote appliquée à l’oncologie, la biotech lyonnaise espère lever les ressources nécessaires pour franchir un cap décisif, malgré un contexte financier tendu pour les sociétés cotées du secteur.

Hervé Affagard et une partie de l’équipe Maat Pharma au moment de lancer la cotation de son entreprise sur Euronext Growth, le 8 novembre 2021 — Photo : Euronext

MaaT Pharma (environ 70 salariés, 3,20 M€ de CA en 2024) retourne au marché pour se donner de l’air. Après avoir levé 37,5 millions d’euros auprès de la BEI en juillet 2025 et réalisé une augmentation de capital de 13 millions d’euros en avril dernier, la biotech lyonnaise, spécialisée dans les thérapies du microbiote appliquées à l’oncologie, annonce une augmentation de capital, en vue d’obtenir un montant brut pouvant atteindre 15 millions d’euros. La décision intervient alors que la société, cotée sur Euronext depuis 2021, traverse une phase stratégique. Pour franchir de nouveaux jalons cliniques, elle doit trouver des financements.

Accélérer ou décrocher

L’entreprise créée en 2014 a clôturé 2024 avec une trésorerie de 10,4 millions d’euros, insuffisante pour soutenir l’ensemble de son portefeuille d’essais avancés. Le fil conducteur de cette levée de fonds est clair : financer MaaT013, son produit phare destiné aux patients atteints de maladie du greffon contre l’hôte (GvHD) et déjà évalué dans une étude de phase III, ainsi que MaaT033, un traitement préventif pour les patients hématologiques soumis à greffe. "Notre technologie est à un point d’inflexion clinique. Il faut accélérer maintenant ou prendre le risque d’un décrochage", déclare Hervé Affagard, cofondateur et directeur général.

Stratégie de niche

MaaT Pharma veut s’imposer sur un segment ultra-spécifique : la restauration du microbiote intestinal chez des patients fragilisés par la chimiothérapie ou les greffes cellulaires. Ses biothérapies visent à rétablir l’écosystème intestinal pour réduire les complications inflammatoires. Une approche encore marginale en Europe mais déjà surveillée par les grands acteurs pharmaceutiques américains. "Nous sommes l’une des rares entreprises au monde à industrialiser une thérapie vivante complexe avec une forte exigence réglementaire ", insiste M.Affagard.

Biotech chahutées

L’augmentation de capital intervient dans un contexte financier hostile au secteur biotech. Depuis 2022, la hausse des taux d’intérêt a asséché les financements privés et renforcé la prudence des marchés. L’indice Next Biotech a perdu plus de 40 % sur deux ans, restreignant l’accès au capital pour les entreprises précommerciales. MaaT Pharma n’a pas échappé à la tendance : son titre évolue aujourd’hui autour de sa valeur post- introduction en bourse, bien en dessous des attentes initiales. "Les marchés ne financent plus l’innovation de rupture sans visibilité immédiate. Il faut leur montrer de la progression clinique et une gouvernance disciplinée", confie un investisseur historique ayant participé à la présouscription.

Investissements industriels et réglementaires

Au-delà des essais, la société entend consolider sa chaîne de production sur son site industriel de bio procédés, inauguré en décembre 2023 sur le hub du façonnier Skyepharma à Saint-Quentin-Fallavier (Isère). Des équipements sur 1 600 m2, capables de produire en conditions pharmaceutiques ses thérapies issues du microbiote. Mais les montées en cadence et l’extension des lots cliniques exigent des investissements récurrents. Une part significative des fonds sera également affectée aux interactions réglementaires, notamment avec la FDA (Food and Drug Administration, agence américaine responsable de la sécurité alimentaire et médicale, N.D.L.R.).

Cette opération doit enfin envoyer un signal au marché. Confiants dans le "pipeline" (projets de recherche) de la biotech, les actionnaires historiques dont certains fonds spécialisés, ont d’ores et déjà indiqué leur intention de participer. Reste à attirer les investisseurs particuliers, souvent refroidis par les levées de fonds dilutives successives.

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