Le Clust’R Numérique & EY ont publié lundi 25 avril pour le compte de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le premier observatoire de la Filière Numérique régionale analysant la réalité économique de la filière pour en apprécier les enjeux et contraintes. Le Clust’R Numérique et EY ont ainsi interrogé 117 entreprises de toutes tailles du secteur et mené des entretiens auprès d’experts de la filière.
Parmi les éléments notables qui ressortent de cette étude, figure l'optimisme des dirigeants dont les 2/3 prévoient une augmentation de leur chiffre d'affaires et des créations d'emplois.
Autre constatation mais plus préoccupante celle-ci, une vraie difficulté pour les entreprises du secteur à recruter. Plus de 60% estiment même que cela constitue un vrai frein à leur développement. Selon Thierry Alvergnat, directeur du cluster, "les écoles comme Simplon ou LDLC forment à Bac+2/+3 des uturs développeurs web. Mais pour former des développeurs logiciels, nous avons besoins d'ingénieurs. Or, les écoles de la région recrutent des bacheliers qui sortent avec 18 moyenne. Il y a une vraie difficulté pour elles à élargir la base, comme si elles craignaient de dévaloriser le diplôme".
Approbation de Jean-Michel Bérard président du Clust'R Numérique et à la tête d'Esker, lui-même formé à l'Insa. Le dirigeant rappelle, et déplore, qu'en 1985, 223 élèves ingénieurs sortaient diplômés de l'Insa, contre 219 aujourd'hui alors que les besoins ont décuplé. Dans ce contexte, le Campus Numérique qui pourrait voir le jour en 2018 ne permettra vraisemblablement pas de résoudre ce point noir puisqu'il formera plutôt des employés ou ouvriers.
Autre point soulevé par cette étude, l'attractivité de la région qui reste encore trop faible dans ce secteur. Auvergne-Rhône-Alpes ne figure qu'au 17ème rang européen pour les projets étrangers d'investissements dans le secteur numérique, alors que la région occupe la 6ème place pour les entreprises étrangères, tous secteurs confondus. "Il manque un géant à 1Mds€ de chiffre d'affaires pour en attirer d'autres" a estimé Jean-Michel Bérard.