L’usine d’Astemo de Saint-Barthélemy-d’Anjou veut fabriquer les freins électriques de demain
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L’usine d’Astemo de Saint-Barthélemy-d’Anjou veut fabriquer les freins électriques de demain

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A Saint-Barthélemy d'Anjou, l'usine Astemo Angers, filiale du groupe japonais du même nom, est spécialisée dans la production d'ensembles de freinage pour le secteur automobile. Une technologie en pleine évolution vers des systèmes électriques, les "smart brakes", sur lesquels l'unité angevine veut se positionner.

Dans son usine de Saint-Barthélemy-d'Anjou, Astemo Angers se positionne pour assembler dans quelques années les freins électriques de demain — Photo : Astemo

Inscrit dans le paysage angevin depuis plus de 50 ans, le site historique d’Astemo à Saint-Barthélemy-d’Anjou, qui s’étendait par le passé sur 26 hectares, a hébergé plusieurs fabricants de systèmes de freinage pour l’automobile, comme Bendix ou Bosch, avec des effectifs dépassant le millier de personnes. C’est aujourd’hui Astemo, du nom du groupe japonais (plus de 14 Md€ de CA) dont il est une filiale, qui s'y trouve. Il y emploie 320 personnes, auxquels peuvent s’ajouter une quarantaine d’intérimaires selon les besoins. On y fabrique toujours des systèmes de freinage, beaucoup plus sophistiqués que les premiers freins à tambour produits au lancement du site, et on s’oriente résolument vers les freins de nouvelle génération.

Prototyper les freins du futur

Astemo Angers ne veut pas rater le train : l’usine se prépare déjà à accueillir dans quelques années la production des systèmes de freinage de demain. Sans liquide de frein, ils seront électriques et intelligents, permettant au conducteur d’adapter la puissance de freinage de sa voiture. "Cette révolution interviendra dans les 5 ans, assure Manuel Sourimant, directeur des opérations du site d’Astemo Angers. Notre usine est déjà positionnée pour fabriquer les prototypes de freins qui sont ensuite produits en série dans le groupe. Nous imaginons naturellement développer ici les prototypes de ces futurs freins de nouvelle génération. " Et les fabriquer ensuite en série : dans la vaste usine, des espaces sont déjà disponibles pour accueillir cette production à venir.

25 000 systèmes de freinage par jour

Chaque année, le site angevin investit dans son outil de production, avec l’installation de lignes dédiées, pour demeurer au niveau des exigences clients et fabriquer plus de 4 millions de systèmes de freinage, soit environ 25 000 par jour. "Nous sommes assembleurs et de chez nous sortent des systèmes de freinage entiers, explique Olivier Martina, responsable de la chaîne d’approvisionnement de la région Europe d’Astemo. Nous réalisons aussi tous les sous-ensembles de rechange pour les différentes usines du continent européen."

Le groupe Astemo, qui produit un tiers des freins utilisés dans le monde, dispose en effet de 5 usines en Europe, à Angers, au Portugal, en Espagne, en Turquie et en Pologne. Chez Astemo Angers, on prévoit que les freins électriques pourraient commencer à être produits aux alentours de 2030. "Quand le projet sera définitif, ajoute Olivier Martina, les investissements seront conséquents et l’effectif pourrait augmenter selon l’activité."

Réduction de l’emprise foncière

Pour devenir une des unités phares du smart-brake, l’usine Astemo Angers a déjà plusieurs atouts dans sa manche : Sa longue expérience de production de systèmes de freinage, ses performances industrielles, ses capacités de prototypage et sa proximité avec l’autre unité d’Astemo France (353 M€ de CA), à Drancy (Seine-Saint-Denis), centre d’ingénierie et de R & D qui travaille à la mise au point du futur frein électrique. "L’un de nos objectifs est de devenir centre d’excellence en freinage pour le groupe", envisage Olivier Martina.

D’ici là, l’usine Astemo Angers continue aussi de développer autour d’elle un écosystème, faisant travailler des fournisseurs locaux. Elle cède également une partie de son emprise foncière pour permettre le développement d’autres activités économiques, sur environ 11 hectares. Le projet est mené par la collectivité et l’agence de développement Alter. Elle prévoit également de céder deux bâtiments de 10 000 et 5 000 mètres carrés. Au centre d’une emprise foncière de 6 hectares, elle conservera alors son usine de 35 000 mètres carrés, suffisamment vaste pour accueillir la production des systèmes de freinage du futur.

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