Maine-et-Loire
57 % des adhérents de l’UIMM sont inquiets de la situation actuelle
Maine-et-Loire # Industrie # Écosystème et Territoire

57 % des adhérents de l’UIMM sont inquiets de la situation actuelle

S'abonner

Alors que se profile la Semaine de l’industrie, qui se tiendra du 17 au 25 novembre pour faire découvrir ses métiers, les entreprises industrielles locales restent préoccupées par la situation politique actuelle et l’incertitude sur les décisions budgétaires pour 2026.

Dirigeant du groupe industriel Juliomagus, Pierre Le Galloudec est le président de l’UIMM de Maine-et-Loire — Photo : Olivier Hamard

Chaque trimestre, l’UIMM (L’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie) de Maine-et-Loire établit un baromètre auprès de ses adhérents, pour évaluer leur ressenti. "Au troisième trimestre 2025, 57 % des adhérents qui y ont répondu se disaient inquiets (contre 50 % au second trimestre. N.D.L.R.), avec pour première préoccupation, l’instabilité politique, analyse Pierre Le Galloudec, président de l’UIMM en Maine-et-Loire. La situation dans le département est contrastée, car nous avons tout de même 19 % de nos adhérents qui déclarent avoir des projets de recrutement."

Moins de recours à l’intérim

Ce baromètre reflète la grande diversification du secteur industriel dans le département, la métallurgie comptant pour la moitié de l’activité en Maine-et-Loire, avec 690 entreprises pour 23 000 emplois. "Certains domaines se portent mieux que d’autres, reconnaît Pierre Le Galloudec, par ailleurs président du groupe angevin Juliomagus (environ 15 M€ de CA, 80 collaborateurs). Les entreprises de chaudronnerie ou d’usinage avec des clients dans l’aéronautique ou la défense ont de l’activité. Pour d’autres, c’est plus difficile, en particulier celles qui travaillent pour le secteur agricole, l’automobile et le bâtiment."

Et surtout, les carnets de commandes sont en règle générale plutôt en baisse, avec une visibilité réduite qui passe d’un à deux mois pour certaines entreprises, à seulement une ou deux semaines pour d’autres. "Nous observons aussi des tensions au niveau de la trésorerie, poursuit Pierre Le Galloudec, avec des paiements de plus en plus tardifs, ce qui affecte les investissements et les recrutements. Il n’y a pas encore de licenciements, mais les entreprises ont mis un frein sur le recours au personnel intérimaire."

Faire découvrir les métiers de l’industrie

Or, chaque année, la métallurgie propose en Maine-et-Loire environ 1 800 offres d’emploi, à la fois pour pallier des départs et en créations de poste. "Le secteur est le second employeur de Maine-et-Loire, rappelle Fabienne Picardat, directrice départementale de France Travail. Il est porteur de recrutement durable." Malgré la situation tendue que connaissent certaines entreprises industrielles, le secteur continue de recruter et de former.

La Semaine de l’industrie, qui se tiendra en Maine-et-Loire du 15 au 23 novembre, vise à présenter ses différents métiers pour attirer jeunes et moins jeunes vers ce secteur d’activité. Elle se déclinera à travers plusieurs événements : 26 entreprises réparties sur tout le territoire proposeront 67 créneaux de visites scolaires, aux particuliers et aux professionnels, tandis que quelque 250 collégiens du département participeront à des ateliers pour découvrir les gestes métiers à la Fab Academy d’Angers, le centre de formation de l’UIMM.

L’usine d’Astemo, à Saint-Barthélemy-d’Anjou, proposera quant à elle, le 15 novembre, l’Industrie Day : une journée portes ouvertes sut le site qui assemble des systèmes de freinages pour le secteur automobile.

L’usine Astemo, qui assemble des systèmes de freinage pour l’industrie automobile, ouvrira son site de Saint-Barthélemy-d’Anjou au public le samedi 15 novembre — Photo : Olivier Hamard

"L’an dernier, nous avions accueilli plus de 300 personnes et nous visons cette année 800 visiteurs, explique Pierre-Edouard Héran, responsable supply chain d’Astemo. L’objectif est de présenter nos métiers pour éventuellement susciter des vocations et attirer des talents. C’est aussi l’occasion de rappeler l’importance de l’industrie automobile en France."

Plus de femmes dans les métiers industriels

La Semaine de l’industrie va mettre également, cette année, l’accent sur la mixité. Lancé en 2024, le programme "Tu as ta place", soutenu par l’UIMM, vise à attirer des jeunes femmes dans l’industrie. "Des engagements sont pris au niveau national, régional et départemental, souligne Pierre Le Galloudec. L’ambition est d’augmenter la part des femmes dans l’industrie en France pour passer de 22,6 % actuellement à 33 % en 2033."

Au sein d’Astemo, un projet national a par ailleurs été lancé, sur le site angevin et celui de Drancy, en Seine-Saint-Denis, pour favoriser la place des femmes dans l’industrie " Nous avons 50 % de femmes en alternance, se félicite Juliette Dolci, DRH d’Astemo à Saint-Barthélemy-d’Anjou. Dans l’usine, l’index d’égalité femme homme, qui mesure les écarts de salaires, les promotions annuelles ou encore la parité dans les dix plus importantes rémunérations, atteint 91 sur 100. Il y a quelques années, il était encore de 65 sur 100."

Maine-et-Loire # Industrie # Écosystème et Territoire # Organisations professionnelles