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Le Medef Anjou souhaite plus de visibilité pour les entreprises
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Le Medef Anjou souhaite plus de visibilité pour les entreprises

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Élu au début de l’été à la présidence du Medef Anjou, Régis Rousseau s’inscrit dans les pas de ses prédécesseurs à la tête du mouvement patronal dans la région angevine. À l’aube d’un automne qui s’annonce incertain sur le plan politique, il regrette un manque de visibilité des entreprises qui demeurent dans une position attentiste.

Régis Rousseau - président Medef Anjou - 2025 — Photo : Olivier Hamard

Plus de visibilité : voilà bien une demande que l’on entend depuis déjà quelques mois, voire quelques années, chez les chefs d’entreprises angevins et ailleurs en France. "Nous sommes dans un flou qui n’aide pas à la décision, regrette Régis Rousseau, élu le 8 juillet dernier président du Medef Anjou (200 adhérents directs, 2 000 en incluant les adhérents des 6 fédérations professionnelles membres de l’organisation patronale). Ce flou est encore plus important depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024, et dans le contexte actuel, tout le monde est attentiste."

"Une balle dans le pied"

Pour le nouveau président du Medef Anjou, par ailleurs président du groupe Rousseau SAS (120 salariés, 22 M€ de CA), basé à Longuenée-en-Anjou et spécialiste de la construction bois, il devient même "compliqué d’être optimiste, au regard de la situation en France et à l’international." D’autant que se profile, outre le vote de confiance du gouvernement devant l’Assemblée nationale le 8 septembre, l’appel au blocage lancé pour le surlendemain.

"C’est ce qui m’inquiète le plus, confie Régis Rousseau. Je peux comprendre que les gens soient préoccupés et vivent difficilement la situation actuelle, mais si le mouvement dure, on se tire une balle dans le pied et tout le monde risque d’en souffrir."

Au cœur des crispations, la question de la dette de l’État et des moyens d’y faire face. Sur le sujet, le président du Medef Anjou affirme que les entreprises veulent apporter leur contribution : " Elles sont prêtes à faire des efforts, souligne Régis Rousseau, si on leur libère les moyens de le faire. On connaît une inflation des normes et des réglementations depuis les années 2000. C’est beaucoup trop compliqué et lourd pour les entreprises, on y passe trop de temps. Il faut alléger tout cela pour retrouver un peu d’espoir."

Peu d’investissements

La crise actuelle, il en a été longuement question lors de la REF, la rencontre des entrepreneurs de France organisée par le Medef national la semaine dernière à Paris, à laquelle a assisté une délégation d’une vingtaine d’adhérents du Medef Anjou. "Cela a été riche d’enseignement, témoigne Régis Rousseau, avec beaucoup d’intervenants sur de nombreuses thématiques économiques et de sujets d’actualité. Cela a été aussi l’occasion d’échanger, et on avait aussi besoin de se retrouver pour se remonter le moral."

Un moral qui est plutôt en berne actuellement dans certains secteurs d’activité, en particulier dans le bâtiment. "C’est le secteur le plus touché, affirme Régis Rousseau, qui a par ailleurs présidé la FFB de Maine-et-Loire de 2001 à 2017 puis la FFB des Pays de la Loire de 2017 à 2023. Surtout pour la construction neuve. Si les permis de construire connaissent une légère reprise, le nombre de mises en chantier continue de baisser. L’industrie est moins impactée mais les entreprises investissent peu, faute de visibilité. Elles se contentent des nécessaires investissements de renouvellement mais cela ne va pas plus loin."

Élections municipales à venir

À cette situation actuelle, le mouvement patronal souhaite aussi apporter sa contribution, le président du Medef Anjou se montrant désireux "que les partenaires sociaux, syndicats patronaux et de salariés, soient plus écoutés." Localement, l’organisation angevine veut d’ailleurs être présente dans le débat pour les élections municipales de mars 2026.

Elle va mettre en place une commission dédiée et faire des propositions : " Au moins à l’échelle de l’agglomération angevine, précise Régis Rousseau. Nous allons recevoir les différents candidats et étudier les programmes."

Les élections municipales sont l’une des deux échéances proches du Medef Anjou. Avec une autre, plus "festive": La Soirée des entrepreneurs, dont les contours ne sont pas encore définis, et qui se tiendra le 16 décembre prochain aux Greniers Saint-Jean à Angers. S’ensuivra au printemps 2026 un autre événement pour l’organisation patronale : le déménagement dans le quartier Orgemont à Angers, dans un bâtiment actuellement en construction que le Medef Anjou partagera, comme c’est déjà le cas actuellement, avec l’UIMM de Maine-et-Loire et la FFB 49.

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