Le commissaire européen en charge du Commerce, Maros Sefcovic, a pris la parole dans un entretien au Financial Times publié le 1er mai au sujet des négociations commerciales avec les États-Unis. Selon lui, l’Union européenne pourrait ramener à l’équilibre la balance commerciale avec Washington en achetant davantage de biens américains.
Un déficit résorbable avec plus d’achats du côté européen
Alors que Donald Trump accuse l’Union européenne de "profiter" des États-Unis en entretenant un déficit commercial colossal vis-à-vis d’eux, Maros Sefcovic estime que ce déficit peut être rapidement comblé. "Si nous considérons que le déficit s’élève à 50 milliards d’euros, je pense que nous pouvons vraiment […] résoudre ce problème très rapidement grâce aux achats de GNL [gaz naturel] ou certains produits agricoles comme le soja", commente le commissaire européen dans cette interview.
Le montant du déficit commercial en question
Pour le moment, les deux parties ne parviennent pas à s’accorder sur le montant du déficit commercial. Depuis le début de son mandat, Donald Trump chiffre le déficit commercial des États-Unis vis-à-vis de l’Europe à 300 milliards de dollars, tandis que la Commission européenne avance un montant de 50 milliards d’euros. Cette dernière prend en effet en compte l’échange de services dans la balance, item pour lequel l’UE est déficitaire vis-à-vis des États-Unis.
Mettre d’accord les 27 États membres de l’UE d’ici début juillet
Ce désaccord sur le montant du déficit pourrait continuer de gêner les négociations. L’Union européenne espère annuler les droits de douane supplémentaires suspendus par Donald Trump le 9 avril pendant 90 jours. Des taxes de 10 % sont appliquées depuis cette date, un taux que l’UE juge "très élevé" selon Maros Sefcovic. Dans son entretien au Financial Times, le commissaire européen laisse entendre que l’UE n’accepterait pas un taux de tarifs douaniers aussi élevé pour signer un accord avec Washington.
Si celui-ci est en charge des négociations commerciales pour la Commission européenne, l’accord qu’il aura trouvé avec ses homologues américains devra ensuite être approuvé et ratifié par les 27 États membres de l’UE et le Parlement européen. "Ce ne sera pas facile, mais nous travaillerons méticuleusement avec chaque État membre pour avoir une réponse solide, qui bénéficierait d’un soutien unanime", a assuré Maros Sefcovic. L’accord doit être trouvé d’ici aux 90 jours de suspension des droits de douane annoncés par Donald Trump, le 9 juillet 2025.