É
lu depuis environ un mois, comment abordez-vous votre mandat ? Avec sérieux et enthousiasme. Mon élection est le fruit de 10 ans d'engagement. Mais je n'ai pas le sentiment d'avoir changé depuis mon élection. Je reste le même. J'aborde ce mandat avec sobriété et humilité car j'ai conscience de la difficulté du contexte économique.
Quels seront les premiers jalons de votre action ?
Cela sera certainement le prochain budget que nous allons travailler à partir de septembre prochain. Dans un contexte de désengagement de l'État, nous verrons à ce moment-là de quelles marges de manoeuvre nous disposerons. Mais une chose est sûre, nos moyens diminueront.
Il faudra donc rogner sur certaines dépenses, certains projets ?
C'est évident. Nous aurons des choix à faire. Ma méthode sera de ne plus engager de projets qui engendrent des dépenses lourdes de fonctionnement. Nous investirons toujours, mais nous allons cibler nos investissements sur des projets structurants.
Quels seront ces projets structurants ?
Je tiens particulièrement à bâtir une Cité des entrepreneurs, à proximité de la gare, sur les friches industrielles. Elle sera destinée aux PME/TPE et aux start-up. Beaucoup de questions demeurent encore car les terrains appartiennent à RFF (Réseau Ferrés de France), et il faudra lever le PPRI (plan de prévention du risque inondation), mais je suis déterminé à porter ce projet immobilier. Il ira de paire avec un réaménagement du quartier de la gare. Durant la campagne, j'ai beaucoup insisté sur le projet de Green Valley. L'idée est de faire de la Cornouaille et de Quimper le coeur de l'agriculture et de l'agroalimentaire breton. Le projet Ialys, lancé sous la précédente mandature, n'a pas été financé. Je compte en faire un véritable outil opérationnel de R & D dédié aux entreprises. Faire de la recherche et développement, c'est aussi de l'investissement.
Vous insistez beaucoup sur cette idée de "communauté de destin" liant la Cornouaille. Pourquoi ?
Nous, élus, devons avoir une vision du territoire. Un cap. S'unir va devenir une nécessité économique, politique et sociale. Notre bassin de vie n'a pas de frontière. L'enjeu, c'est de lutter contre le déclassement de notre territoire. La population se rend bien compte que le centre de gravité de la Bretagne s'est déplacé à l'Est. Nous devons nous réunir autour de projets, faire des économies ensemble.
Quid de l'agence de développement de Quimper, critiquée pendant la campagne par Isabelle Le Bal, votre première adjointe ?
Il faut que cette agence change de mentalité et adopte une culture du résultat, plutôt qu'une culture des moyens. Nous allons revoir ses missions et les axer d'avantage sur l'économie. Le tout dans un souci d'apaisement et de stabilité.
ENTRETIEN Le nouveau maire de Quimper souhaite placer l'économie au centre de son mandat, ayant conscience des enjeux qui pèsent sur la Cornouaille.