Sur le bureau d’Éric Neri, le président de Maille Verte des Vosges, les deux échantillons de tricots techniques, de couleur orange et jaune, semblent presque fluorescents. « On est parti de rien il y a 5 ans, et aujourd’hui, ces tissus techniques représentent 15 % de la production. » Destinés au marché du vêtement technique, ces tissus permettent par exemple aux travailleurs exposés d’être très visible. « Nous avons commencé à travailler là-dessus grâce à un client déçu par la qualité de la marchandise venue d’Asie », détaille Éric Neri. « Il y a des marchés à prendre, mais personne ne nous attend : il faut multiplier les contacts, notamment lors de salon comme Expo Protection, où toute la profession est rassemblée. »
Rigueur reconnue
Maille Verte des Vosges a pu entamer une diversification sur ce marché grâce à un atout : « Notre sérieux technique », souligne Éric Néri. Lancée en 2009 sur les ruines de Ames, entreprise qui travaillait à 100 % pour les marchés automobiles et fournissait des tricots destinés à l’enduction, pour faire des tissus de type simili cuir. « En 2008, les commandes sont tombées d’un seul coup à zéro », se souvient Éric Néri, qui était alors directeur général de l’entreprise. Le futur dirigeant construit la reprise autour d’une équipe (Bruno Rémy, Valérie Petitcolas et Rémi Lallement) et des points forts de la société : « En travaillant pour l’automobile, nous avons appris à respecter un cahier des charges et à sortir des produits normés. Notre rigueur est reconnue », détaille Éric Néri. Ensuite, l’entreprise a echappé au mouvement de spécialisation qui a fini par emporter tout le textile français : le site rassemble les métiers de tricoteur, de teinturier et l’ennoblissement, c’est-à-dire les opérations de finition. « C’est cette intégration qui nous permet aujourd’hui de dégager de la valeur ajoutée », se félicite Éric Néri. Travaillant toujours pour l’automobile, qui connaît d’ailleurs un rebond intéressant, la Maille Verte adresse aussi ses produits vers les marchés de l’événementiel, de l’ameublement ou encore de la literie. « La stratégie globale est résumée dans le nom de l’entreprise », s’amuse Éric Néri. « " Maille " parce que nous sommes des tricoteurs, " verte " parce que nous sommes ICPE, bientôt ISO14001 et " des Vosges " parce que je crois que de plus en plus, les clients veulent savoir où ils se fournissent. »
Fournisseur de maille technique
Un mouvement de « relocalisation » qui touche le consommateur mais aussi les industriels : Éric Néri a ainsi vu revenir vers lui des clients dans l’automobile qui ont accepté de payer un peu plus cher un produit parce qu’il était produit en France. « On peut avoir des surprises en ouvrant un container », assure Éric Néri. Afin de suivre la croissance du chiffre, l’effectif de la Maille Verte s’est déjà enrichi de 5 personnes : « Nous avons notamment embauché un ingénieur textile qui devra nous permettre de devenir un fournisseur de maille technique », détaille Éric Néri.
La Maille Verte des Vosges (Saint-Nabord - 88) : CA : 5,5 M€ ; Effectif : 35 ; Contact : http://mvvosges.eu.
Le fabricant de tricot technique pour l’industrie installé à Saint-Nabord diversifie ses marchés : une stratégie payante.