Lors d’une rencontre avec les acteurs économiques lorrains à Nancy, en décembre 2015, le directeur du projet Cigéo-Bure à l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs, Frédéric Launeau l’avait répété à de nombreuses reprises : le projet Cigéo, visant à enfouir 83.000m³ de déchets radioactifs de haute activité et à vie longue à 500 mètres sous la commune de Bure, en Meuse, est d’une telle complexité, qu’il dépasse la capacité des entreprises locales et même celle des acteurs installés de niveau national. « C’est l’usine de la Hague à l’envers », expliquait Frédéric Launeau.
Le 11 janvier, l’ANDRA a officiellement révisé à la hausse le coût du projet : oubliés les 15 Md€, le dernier chiffrage se monte à 33 Md€. Dans le détail : 19,8 Md€ pour l’investissement, 8,8 Md€ d’exploitation jusqu’en 2144 et 4,1 Md€ d’impôts et taxes.
Ce nouveau devis, qui vient d’être rendu public, date du 17 octobre 2014 et tient compte des conditions économiques de janvier 2012, tout en imaginant la vie du site sur une durée d’exploitation supérieure à 100 ans. A noter que le coût de la réversibilité du stockage n’a pas encore été intégré par l’ANDRA, qui a évalué uniquement le coût du centre d’enfouissement, le conditonnement et l’entreposage des déchets radioactifs étant à la charge des producteurs.
EDF, le CEA et Areva estiment pour leur part que le projet pourra être bouclé pour 20 Md€, en estimant que les coûts peuvent être « optimisés ».