La Sodiv a lancé en 2024 une augmentation de capital de 15 millions d’euros, dont la clôture doit intervenir en 2025. Quels acteurs participent au tour de table ?
Tout d'abord, le capital de la Sodiv, jusqu'ici de 10,6 millions d’euros, n’avait pas augmenté depuis sa reprise par la Région Alsace à la société des Mines de Potasses en 2008. En juillet 2024, nous avons commencé par clôturer un premier tour de table avec les actionnaires historiques au premier titre desquels la Région Grand Est qui a augmenté sa participation de 7 millions d'euros supplémentaires. Mais aussi avec Safidi (groupe EDF), la Caisse d’Épargne Grand Est Europe, le Crédit Agricole Alsace Vosges et la CCI Alsace Eurométropole. Nous sommes actuellement en train de structurer notre deuxième tour avec l’entrée de la CCI Grand Est ainsi que des CCI départementales de Moselle, des Vosges, de la Meuse, de l'Aube et de la Haute-Marne. Le groupe CAM (compagnie d’assurance strasbourgeoise, NDLR) a également acté sa contribution à l’augmentation de capital dans ce deuxième tour. Et un troisième tour de table en 2025 devra clôturer l'opération dont le montant s'élèvera au total à 15 millions (la participation de la Collectivité européenne d’Alsace est annoncée, NDLR).
Quel est l’objectif de cette levée de fonds ?
Le but est de mieux servir l’ensemble du territoire, et de nous étendre vers la Lorraine et la Champagne-Ardenne. Dans la logique de notre histoire née dans le sud de la région Alsace, notre portefeuille est encore à 81 % alsacien (3 % de l’activité est réalisée en Champagne Ardenne où les premières opérations de financements via des prêts participatifs ont débuté avant Covid, et 16 % en Lorraine, NDLR). Nous souhaitons d’ici 2027 équilibrer l'activité, portant à 50 % la part des dossiers alsaciens, et à 50 % la part de ceux financés sur la Lorraine et Champagne Ardenne.
Un anniversaire, c’est aussi l’occasion de tirer un bilan et quelques perspectives...
La Sodiv a été créée en 1984 afin de reconvertir l'activité économique du bassin potassique alsacien. En 40 ans, nous avons créé ou sauvegardé 13 500 emplois (NDLR : 1 200 projets ont été menés, 107 millions d'euros de financement accordés via des prêts participatifs). Cette année, nous avons financé plus de 6 millions d’euros d’accompagnement (sous forme de prêts participatifs, NDLR). Avec quelques dossiers symboliques comme celui de Sarplast en Lorraine à Sarreguemines, sous-traitant de Renault qui avait besoin d’investir et de recruter dans un contexte où la filière auto se finance difficilement. Nous suivons de plus en plus de dossiers de reprises à la barre du tribunal de commerce et de plus en plus de reprises en Scop (comme Velcorex et la Meusienne, NDLR). 5 % des entreprises en portefeuille chez Sodiv ont connu une défaillance cette année, c’est un chiffre qui a doublé par rapport à 2022.
Vous financez des prêts participatifs dans le cadre de plans de revitalisation. Comment évolue cette activité en particulier ?
C’est 70 % de notre activité en 2024 en nombre d’opérations, la dynamique prend des proportions importantes. Nous avons enregistré 4,7 millions de prêts de revitalisation sur une enveloppe de financements de 6,3 millions d’euros. En 2023, c’était la moitié. Et 2025 sera dans la même orientation qu'en 2024, nous avons d’importantes enveloppes de revitalisation à affecter.
Vous avez développé en 2021 une solution de haut de bilan, comment se développe-t-elle ?
Oui, au-delà de l’activité de revitalisation, nous avons développé à la demande de la Région Grand Est une solution de haut de bilan en 2021, Oraces, de manière à renforcer les fonds propres durs des entreprises sans les contraindre à l’ouverture du capital. On sait que dans le Grand Est les opérations de haut de bilan sont plus rares que dans les autres régions. Il y a moins d’ouvertures de capital en raison de la présence d’entreprises familiales et de filiales de groupes internationaux. Cette année nous avons une vingtaine d’entreprises auprès desquels nous avons souscrit des obligations remboursables en actions.