Les élus ne parviendront pas à se mettre d'accord, la parole est au peuple : c'est en substance le message que le président du Conseil régional, Jean-Pierre Masseret, a délivré lors du lancement, le 15 janvier, de la campagne en faveur de la gare d'interconnexion entre le réseau TER et la ligne LGV, à Vandières.
"Je réfute totalement l'idée que cette campagne se résume à un département contre les trois autres, favorables au projet", a lancé Mathieu Klein, le président du conseil général de Meurthe-et-Moselle. Pourtant, c'est bien la tournure que prennent les événements, même si dans le détail : les choses sont plus complexes. Le maire d'Epinal hésite à dire "oui", et le "non" mosellan n'est pas unanime.
Pour balayer les arguments des opposants à la gare de Vandières, Jean-Pierre Masseret a notamment sorti un courrier du président de la SNCF, Guillaume Pépy. Celui-ci explique très clairement "que les dessertes de Nancy et Metz sont exclusivement orientées vers Paris. Le marché correspondant ne peut souffrir d'une rupture de charge avec une correspondance à Vandières. Une telle rupture pénaliserait les clientèles de Paris-Nancy et Paris-Metz, dont le volume deviendrait plus faible. Ces deux dessertes ne seront donc pas impactées. La desserte de Lorraine TGV ne concerne que des relations Province - Province et ne répond pas aux mêmes attentes".
Un argument massue qui devrait rassurer ceux qui imaginaient que les liaisons Nancy-Paris et Metz-Paris deviendraient des liaisons passant par Vandières.
Estimé dans un premier temps à environ 90 M€, le coût de la gare a aujourd'hui été révisé à la hausse : entre 130 et 140 M€. Un tarif qui ne pose pas de problème au président du Conseil régional : "Ca fera du travail pour le BTP", sourit le président, tout en soulignant que le produit de la TICPE, la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques prelevée par la Lorraine sur les carburants ne peut pas être affectée à un autre projet que Vandières. "Cette taxe a été affectée à la seconde phase de la réalisation de la LGV Est, et Vandières fait partie de la seconde phase. Si nous ne l'utilisons pas, cet argent sera perdu", a détaillé Jean-Pierre Masseret.
C'est le député de Meurthe-et-Moselle, Jean-Yves Le Déaut, qui s'est chargé de l'historique de la gare de Vandières : "Cette gare a été imaginée en 93. C'était la voix de la sagesse que de l'imaginer à l'interconnexion de la LGV et du réseau TER lorrain". L'élu a tout de même souligné que les différents obstacles techniques n'ont élé levés par la SNCF que au début des années 2000.
La consultation des Lorrains se déroulera le 1er février : tous les bureaux de vote seront ouverts de 8h à 18h, dans le cadre prévu par la loi.
> Lire par ailleurs :
Lorraine. Gare de Vandières : consultation citoyenne le 1er février
Infrastructure. Eckert relance Vandières
Lorraine. Gare de Vandières : L'Etat confirme ses engagements