Les professionnels bretons ne veulent pas entendre parler de nouvelle taxe régionale sur le tourisme, envisagée dans le cadre du budget 2026 de la Région Bretagne. L’UMIH Bretagne, l’UBHPA, Gîtes de France et la CPME Bretagne, quatre fédérations représentatives de plus de 12 000 entreprises et des dizaines de milliers d’emplois directs et indirects, ont tenu une conférence de presse conjointe lundi 3 novembre pour le faire savoir.
"Un risque majeur pour l’attractivité et la compétitivité touristique"
"Présentée comme un levier de financement des mobilités régionales, cette mesure représente un risque majeur pour l’attractivité et la compétitivité touristique de la Bretagne", tiennent à faire savoir les représentants de ces organisations. "Les acteurs économiques bretons ne comprendraient pas qu’une région parmi les plus touristiques de France devienne un terrain d’expérimentation fiscale, au moment où le secteur subit déjà la hausse des coûts, la baisse du pouvoir d’achat et une concurrence internationale accrue", font-ils encore remarquer.
Appel à une concertation nationale
Les acteurs du tourisme s’expriment alors qu’un amendement parlementaire (l’amendement Molac, NDLR) donne à la collectivité bretonne une opportunité de voter une mesure "qui pourrait aller jusqu’à + 200 % d’augmentation de la taxe de séjour" décrient ses opposants. Si le Medef Bretagne a entamé des discussions avec la Région sur l’introduction d’une taxe de séjour additionnelle qui pourrait se substituer au versement mobilité régional et rural (VMMR) pour financer les transports régionaux, les entreprises du tourisme (gîtes, hôtellerie de plein air et autres campings) regrettent, elles, de ne pas avoir été consultées. Elles s’opposent à "cette nouvelle ponction fiscale" et demandent au président de la Région Bretagne Loïg Chesnais-Girard et aux parlementaires bretons de s’engager dans "une concertation nationale".
Une évolution fiscale jugée "exorbitante"
"La recette de la taxe de séjour rien qu’entre 2012 et 2022 est passée de 200 millions à 800 millions d’euros à l’échelle nationale. Aujourd’hui, on ne doit pas être loin du milliard d’euros. Objectivement, en matière d’évolution fiscale on ne peut pas faire beaucoup mieux, c’est absolument exorbitant", s’étrangle Nicolas Dayot, président de l’UBHPA Bretagne (Union Bretonne Hôtellerie de Plein Air). En Bretagne, 99 % des entreprises sont des TPE-PME. "Les pénaliser fiscalement reviendrait à fragiliser tout l’écosystème breton", finissent de dénoncer les professionnels du tourisme qui rappellent qu’ils vivent de leur activité "sans aucune subvention".
Le tourisme en Bretagne représente 8 % du PIB régional (source : Tourisme Bretagne), plus de 80 000 emplois et 111 millions de nuitées.