Après avoir injecté 170 millions d’euros en 2015 dans ses usines de Loire-Atlantique, Airbus se prépare à monter encore d’un cran ses niveaux d’investissement, qui seront principalement consacrés à des outillages. Cette année, le constructeur d’avions va injecter 100 millions d’euros dans son usine de Nantes qui fabrique des caissons centraux de voilure (jonction des ailes et du fuselage), des entrées d’air de réacteur, des radômes (le « nez » de l’avion) et les poutres ventrales de l’A350. Le groupe consacrera également 100 millions d’euros dans son site nazairien qui réalise des fuselages avant et centraux. « On atteint des niveaux d’investissement très importants. A Saint-Nazaire, depuis dix ans, nous investissons en moyenne 60 millions d’euros par an », commente Gérald Lignon, directeur du site nazairien de l’avionneur européen.
Cobotique
Les deux usines ligériennes font face au même double enjeu. Elles doivent, d’abord, assurer la montée en cadence de la famille A320, l’avion le plus vendu aujourd’hui par Airbus. L’an passé, sur les 635 appareils livrés par le constructeur, environ 500 étaient de cette famille de moyen-courriers. Aujourd’hui, Airbus en fabrique 43 par mois. En fin d’année, le groupe devra en livrer 50 puis 60 en 2019. A Saint-Nazaire, une troisième station d’assemblage de fuselages avant va ainsi voir le jour pour l’A320. Pour faire face aux montées en cadences, le site est aussi en train de se robotiser. Des technologies de perçage semi-automatique vont ainsi faire leur apparition. Dans le même temps, le groupe va se lancer dans la cobotique, une nouvelle génération de robots travaillant aux côtés des humains. Airbus finalise ainsi la mise au point d’un bras articulé d’un mètre cinquante dessinant sur les fuselages les emplacements à percer, l’opération de perçage étant réalisée par l’homme. A Saint-Nazaire, les premiers « cobots » devraient être testés au cours du second semestre sur le programme A380, puis sur l’A350.
L’A350 monte en puissance
Airbus a livré quelques dizaines d’A380 et d’A350 en 2015. Mais, si le groupe espère maintenir une production d’un A380 par mois, il se prépare à appuyer fortement sur l’accélérateur sur l’A350. La production de ce gros porteur doit être portée à 60 appareils cette année. De nouveaux développements dynamisent aussi l’activité des deux usines ligériennes. Suite à une phase de phase de R&D permettant de réduire le bruit des moteurs, l’usine nantaise a raflé la plupart des marchés portant sur la fabrication des entrées d’air de réacteur. A Saint-Nazaire, un projet consiste à créer un hub logistique permettant de livrer la récente usine américaine du groupe – les pièces seraient transportées par bateaux. Pour lancer cette activité, l’usine nazairienne devra l’emporter face à son homologue d’Hambourg, qui livre déjà l’usine chinoise du groupe. La direction d’Airbus doit trancher en 2017.
2.300 recrutements en cinq ans
Bénéficiant d’un carnet de commandes exceptionnel, lui assurant entre huit et dix ans d’activité, et devant réussir à augmenter ses niveaux de production, la direction d’Airbus a annoncé sa volonté de stabiliser ses effectifs dans le monde. Il faut dire que le groupe a énormément recruté ces dernières années. L’usine de Nantes emploie aujourd’hui 2.600 salariés (plus 200 intérimaires), celle de Saint-Nazaire 2.850 (plus 400 intérimaires). En cinq ans, les deux sites ont recruté 2.300 collaborateurs. Reste que, si l’heure est à la stabilisation des effectifs, Gérald Lignon n’en démord pas. Le Nazairien compte recruter cette année autant qu’en 2015. C’est-à-dire une centaine de personnes…
Le groupe Airbus va investir 200 millions d’euros à Nantes et à Saint-Nazaire cette année. Dans ces usines qui emploient près de 5.500 salariés, il s'agit de préparer l’augmentation de la production de l’A320 et de l’A350.