L’Université de Lorraine, le CNRS, le CHRU de Nancy, l’INRAE, l’Inria, AgroParisTech, Georgia Tech Europe, L’Incubateur lorrain et UL Propuls sont les 9 acteurs de la recherche réunis au sein d’Unys. Quel est l’objectif de leur alliance ?
La ligne de base du projet est la "Recherche et compétences pour la société". L’objectif d’Unys est de rendre la recherche plus visible, notamment pour les entreprises. Pour le public, cela signifie savoir à quoi sert la recherche et pourquoi nous investissons. Pour les entreprises, c’est aussi savoir ce qui peut être construit en partenariat avec les acteurs de la recherche publique, faire sauter des verrous technologiques pour être plus compétitifs sur un marché… C’est aussi trouver des solutions à des problèmes complexes et prendre un coup d’avance aussi sur la compétition, et développer de nouvelles activités économiques sur un territoire. C’est également faire appel aux plateformes expérimentales dont on dispose. Cela ne sert à rien d’aller faire une mesure à l’autre bout de la planète alors que le même appareil est disponible à 20 km de chez soi.
Une enquête a été réalisée auprès du grand public, des collectivités et du monde socio-économique en Lorraine, pour mesurer les besoins exprimés par les publics d’Unys, avant sa création officielle, en mars 2025. La constitution d’UNYS répond-elle à une demande, notamment des entreprises, sur le territoire ?
Certaines entreprises, notamment les grands groupes, sont déjà organisées dans des relations partenariales. C’est moins le cas des entreprises de taille moyenne ou de petite taille, qui expriment leur besoin de comprendre, de savoir ce qui se passe chez nous, ce qu’on peut y trouver et comment nous pouvons travailler ensemble.
L’enjeu d’innovation pour les entreprises est aujourd’hui essentiel, pour des raisons de compétitivité, comme le démontre le rapport Draghi. Et la recherche a un rôle essentiel à apporter dans ce cadre-là : ici, nous avons pratiquement une vingtaine de laboratoires. Nous sommes dotés de nombreux dispositifs qui nous permettent de nourrir les entreprises, et les entreprises apportent en retour des sujets sur lesquels nous pouvons travailler et faire progresser la connaissance.
Unys pourrait-il dépasser les frontières de la Lorraine ?
L’objectif d’Unys est bien de rayonner au-delà de notre territoire. Nous avons aussi vocation peut-être à faire école, parce que c’est une initiative qui est unique. Donc, peut-être que d’autres trouveront la démarche intéressante et la répliqueront ailleurs. Mais nous devons d’abord avoir vocation à servir les personnes et les acteurs autour de nous, dont les entreprises.
Quels sont les retours des autres acteurs de la recherche, hors du territoire ? Le modèle Unys pourrait-il être répliqué ailleurs ?
Je me souviens assez précisément du nombre de personnes de tous horizons à l’échelle nationale et européenne, qui m’ont dit : "ça n’est pas possible, vous n’y arriverez pas ". Je sais que d’autres collègues ailleurs en France regardent ce que nous sommes en train de faire. Pour l’instant, je pense que ce n’est pas forcément possible de répliquer le modèle ailleurs. Nous le faisons parce que nous avons une habitude de travailler en commun, et parce que nous ne sommes pas dans une logique de compétition, mais bien dans une logique de coopération.