C’est assez rare pour être souligné : le pôle Alpha a été inauguré le 23 janvier 2026 à Sophia Antipolis soit quatre ans, comme annoncé dès le départ, après la constitution du groupement conception-réalisation.
"C’est une première pour moi, et sans doute pour beaucoup de monde, souligne Jean Leonetti, président de la CASA dans son discours. Il y a quatre ans, on me dit on va le faire, il y a deux ans on attaque le chantier, et aujourd’hui tout est fini, comme prévu, et le prix n’a pas changé !"
Un total de 38 millions d’euros
Un investissement global de 38 millions d’euros : 14,2 millions du Symisa, le Syndicat Mixte Sophia Antipolis ; 13,2 millions d’euros de la Région Sud ; 7,3 millions d’euros de l’État ; 5 millions de l’Institut Mines Télécoms et 2,7 millions d’euros de la CASA. Quant au foncier, il a été offert par le Département. "Et on a construit sans emprunt, précise fièrement l’édile. Mais en conjuguant l’ensemble des financements."
Un exemple de conjugaison réussie au nom de l’intérêt général qui a donc permis d’ériger ce bâtiment "étendard" de Sophia Antipolis, cœur battant de l’innovation européenne.
"Le premier village vertical de France"
Au total, ce sont 8 500 m2 sortis de terre, présentés par l’architecte Elisabeth de Portzamparc, comme "le premier village vertical de France. Il faut arrêter d’empiler les gens les uns sur les autres, explique-t-elle. Il faut une véritable ville verticale où tout le monde est en connexion grâce à des espaces intérieurs comme des places, des placettes, des rues pour circuler. Cela crée de la qualité de vie et transforme les usages."
Ce nouvel espace va accueillir des incubateurs - ceux installés au Business Pôle qui sera rénové et proposé à la location une fois vidé : TechForward, Incubateur Provence Côte d’Azur, les DéCCIdeuses et Skema Ventures - une pépinière, un hôtel d’entreprises et hébergement soft-landing, des espaces de travail collaboratifs, mais aussi de nombreux acteurs de l’accompagnement aux entreprises tels Réseau Entreprendre Côte d’Azur, Sophia Club Entreprises, la Fondation Sophia Antipolis ou encore un bureau de la French Tech.
Un écrin pour l’IA
Une aile de 900 m2 offre par ailleurs à la Maison de l’IA, portée par le Département, un nouveau espace plus en adéquation avec ses ambitions, comprenant des espaces d’exposition, une trentaine de démonstrateurs, une salle immersive.
Quant à Eurecom/Insitut Mines-Télécoms, école d’ingénieurs et centre de recherche en sciences du numérique (IA, cybersécurité…), il y étend sur 1 200 m2 son campus situé juste de l’autre côté de la rue.
"Le timing est assez incroyable, s’enthousiasme son président David Gesbert. Je pense que si on voulait signer le contrat c’est année, on ne pourrait pas pour des raisons de budgétaires. C’est vraiment la bonne opportunité, cela nous permet de donner un peu d’air à notre campus qui est plein à craquer. On a besoin d’accompagner notre croissance qui a été très forte ces dernières années."
Une construction bioclimatique
Agrémentée d’un auditorium, de salles d’événementiel et d’un restaurant, cette "mini-ville" apparaît ainsi comme l’illustration pleine et entière de la fertilisation croisée, ce concept sur lequel le sénateur Pierre Lafitte a construit Sophia Antipolis en 1969, à savoir cet équilibre fécond entre les écoles, les entreprises et la recherche académique.
Un lieu qui se devait aussi d’être à la pointe en matière de transition écologique. Sa seconde peau en plaquettes de terre cuite doit ainsi protéger du soleil et de la chaleur. Les 400 m2 de panneaux photovoltaïques permettent quant à eux de couvrir 100 % de la consommation électrique du bâtiment. La géothermie par champ de sondes couvrira, elle, 100 % des besoins en chauffage et plus de 80 % de ceux en rafraîchissement.
Ses habitants pourront en profiter dès les premiers emménagements, à partir de la mi-février 2026.