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L'industriel Evonik Rexim réclame des tarifs de l'électricité raisonnables et de la visibilité
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L'industriel Evonik Rexim réclame des tarifs de l'électricité raisonnables et de la visibilité

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Evonik Rexim, implanté à Ham (Somme), s'inquiète de la flambée à venir des prix de l'électricité, aggravée par la fin du dispositif Arenh, fin 2025. Malgré des investissements pour réduire sa consommation énergétique, ce site chimique de 230 salariés, fabricant d'acides aminés, redoute une dégradation encore plus marquée de sa compétitivité.

A Ham, dans la Somme, l'entreprise Evonik Rexim fabrique chaque année 1 000 tonnes d'acides aminés pour le compte d'industriels, avec 230 salariés — Photo : Evonik Rexim

Sur son site de Ham (Somme), Evonik Rexim suit de près les évolutions des tarifs de l’électricité depuis leur explosion, en 2022. "En 2023, puis en 2024, ces tarifs ont progressivement rattrapé les niveaux de 2020-2021, constate Stéphane Ameille, son directeur. Mais les prévisions pour 2025 et 2026 ne vont pas dans le bon sens". Ce site de 230 salariés fabrique 1 000 tonnes d’acides aminés par an, à destination d'industriels, pour un chiffre d’affaires de près de 60 millions d’euros. Avec une consommation d'électricité qui s’établit à 10 ou 11 GWH par an, cette PME s’inquiète de la fin du dispositif Arenh au 31 décembre 2025, qui permettait aux industriels de bénéficier d’un prix de l’électricité fixe, et tout particulièrement du manque de visibilité qui en découle.

L’industrie chimique veut de la visibilité

Avec la fin de l’Arenh, le prix de l’électricité va bondir de 42 à 70 euros le mégawattheure, une hausse qui a du mal à passer auprès d’Evonik Ham, comme auprès de tous les industriels de la chimie. L’entreprise compte sur l’organisation professionnelle France Chimie pour faire passer le message auprès du monde politique, dans le cadre de négociations avec EDF.

"J'ignore à combien vont s'élever les prix de l'électricité en janvier 2026. C'est un vrai problème quand je signe un contrat courant sur trois ans avec un client…"

En cours, ces négociations sur le prix de l’électricité, dans le cadre de contrats long terme, patinent. "J’ignore à combien vont s’élever les prix de l’électricité en janvier 2026. C’est un vrai problème quand je signe un contrat courant sur trois ans avec un client…", s’agace le dirigeant. Il n’est de toute façon pas possible de répercuter auprès des clients l’intégralité de la hausse de l’électricité. "Le prix de vente de nos produits est déterminé par le marché et par ce que le client est prêt à payer", pointe Stéphane Ameille.

La fin de la compétitivité française

"J’envie mes collègues chinois, qui eux, ont de la visibilité sur les prix de l’électricité", tacle le dirigeant. Ce site de Ham est une filiale du groupe allemand Evonik, qui compte un autre site de production d’acides aminés en Chine. Difficile de résister à l’envie de se comparer. "En 2020-2021, notre site s’en sortait mieux que notre homologue chinois sur le coût de l’électricité", souligne-t-il.

"J'envie mes collègues chinois, qui eux, ont de la visibilité sur les prix de l'électricité."

Une situation qui est désormais inversée. "La particularité française, c’est un coût du travail élevé et une réglementation complexe… Jusqu’en 2022 le coût de l’énergie représentait notre dernier avantage compétitif : si nous le perdons, ça devient très compliqué", analyse-t-il.

Des investissements aux effets annulés

La situation est d’autant plus difficile à digérer que le site d’Evonik Ham a choisi d’investir dès 2021, à hauteur de 300 000 euros par an, pour optimiser ses consommations à la fois de gaz et l’électricité. Mais les économies réalisées ont très vite été absorbées par la hausse des tarifs de l’énergie.

L’entreprise, qui avait par ailleurs opté pour de l’électricité verte en janvier 2022 et du gaz vert en mai 2023, n’exclut pas de faire demi-tour dans ce contexte. "Ce serait paradoxal, mais nous le ferons si notre activité devait être mise en péril", reconnaît le dirigeant. Quant à la question d’investir à nouveau pour optimiser la consommation, elle paraît peu pertinente. "Nous avons peur d’entrer dans un cercle vicieux, avec des hausses de tarifs qui finissent par annuler l’effet de nos investissements, aux côtés de marges amputées", conclut le dirigeant.

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