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Monomeris Chemicals lève 3,2 millions d’euros pour résorber la pollution plastique
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Monomeris Chemicals lève 3,2 millions d’euros pour résorber la pollution plastique

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La start-up Monomeris Chemicals vient de boucler une levée de fonds de 3,2 millions d’euros pour lancer la production et la commercialisation de son dispositif, qui permet de dépolymériser les "plastiques orphelins". Une solution à la pollution plastique, qui intéresse à la fois le marché des déchets et celui de la chimie.

Fonctionnant de manière autonome au sein d’un conteneur, le dispositif de Monomeris Chemicals peut trouver sa place au sein des centres de revalorisation des déchets — Photo : Monomeris Chemicals

Accélération en vue pour Monomeris Chemicals. La start-up, créée en 2019 et installée à Avelin (Nord), a bouclé fin 2025 une levée de fonds de 3,2 millions d’euros sur la plateforme Keenest, exigeant club d’investissement dédié à la transition écologique. L’opération a réuni un total de 2 137 investisseurs. C’est dire si l’intérêt est grand pour la solution développée pendant cinq ans par l’entreprise, susceptible d’assurer un recyclage à 100 % des déchets plastiques. Et, ce, en permettant le traitement des "plastiques orphelins", écartés des lignes de tri des déchets car trop complexes à recycler.

"Aujourd’hui, jusqu’à 40 % des plastiques collectés ne sont en fait pas recyclés. Cela mène à l’enfouissement ou à l’incinération, rien qu’en France, de 32 millions de tonnes de plastique par an. La solution que nous avons mise au point permet de valoriser 100 % des déchets plastiques, quels que soient leur composition ou leur état," présente Maxime Lepinay, président de Monomeris Chemicals.

Dépolymérisation express

Pensé comme un complément aux solutions de recyclage existantes, le dispositif de Monomeris Chemicals est conçu pour s’intégrer dans n’importe quelle chaîne industrielle. "C’est du plug & play, assure Maxime Lepinay. L’ensemble tient dans un conteneur. Les plastiques à traiter sont insérés via un convoyeur, jusqu’à une solution réactive. C’est alors qu’a lieu la dépolymérisation, qui sépare les composants du plastique en monomères : étylène, butènes, propylène… Ils sont collectés sous forme gazeuse, pour être réutilisés."

La réaction décompose 100 % des plastiques concernés, laissant de côté les additifs. La procédure est extrêmement rapide : moins d’une minute en général ; une machine peut traiter 60 kg de plastiques à l’heure en moyenne, soit une tonne par jour. Et la technologie est extrêmement robuste : "il n’y a quasiment pas de maintenance, pas de consommables… il lui faut juste de l’électricité", se félicite le dirigeant.

Un double marché

Identiques à ceux obtenus directement à partir du pétrole, les monomères issus de ce processus sont exploitables par l’industrie chimique pour une multitude d’applications, depuis la production de nouveaux plastiques jusqu’à celle de paracétamol. Les déchets ainsi traités deviennent donc une source de revenus supplémentaire pour les recycleurs, avec un retour sur investissement de quatre ans, promet Monomeris Chemicals. Qui elle-même, joue les intermédiaires. "Nous rachetons auprès de nos clients recycleurs les monomères issus de notre procédé. Nous les revendons à nos clients de l’industrie chimique. Nous faisons ainsi la passerelle entre deux mondes qui se connaissent peu, et ne parlent pas la même langue", souligne Maxime Lepinay.

Premières livraisons prévues pour 2026

Monomeris, qui ne communique pas ses chiffres ni son prévisionnel, s’est doté d’un site industriel au sein duquel elle assemble ses dispositifs. Les premières livraisons sont prévues pour 2026, et la start-up mise sur une accélération rapide, notamment à l’international, d’importants marchés ayant d’ores et déjà été identifiés dans des zones comme l’Inde, l’Afrique ou le Moyen-Orient.

Nord # Chimie # Gestion des déchets et recyclage # Start-up # Levée de fonds
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