Électricité d’Azur a vu le jour il y a six mois à Nice. À la barre, Simon Bertin, ingénieur et économiste, passé par EDF et la SMEG, la Société monégasque de l’électricité et du gaz (groupe Engie) où il a rencontré Martin Miquelis, diplômé d’HEC, avec qui il a cofondé la société. Tous deux se présentent comme des "convaincus du photovoltaïque".
Un développement raisonnable
Une mission dans laquelle ils sont portés par Crédit Mutuel Equity. "Il est rare d’avoir un actionnaire institutionnel, souligne Simon Bertin, le directeur général. Dans le renouvelable, il y a les développeurs intégrés aux grands groupes, et ceux détenus par des fonds, ce qui implique des cycles pas toujours compatibles avec les réalités du développement photovoltaïque s’inscrivant dans le temps long. Il y a énormément d’impacts derrière le photovoltaïque, qui doit donc être développé de la façon la plus raisonnable et la plus intégrée possible dans l’environnement."
Économies et visibilité
Électricité d’Azur veut déployer des projets qui "aient une valeur ajoutée pour les endroits qui les accueillent. La première étant l’autoconsommation collective. C’est un outil très puissant. Consommer ce que l’on produit est vertueux pour les entreprises, moins cher et rassurant car cela donne de la visibilité à long terme sur ses dépenses d’électricité."
Une visibilité plus que bienvenue pour toutes celles qui ont pris de plein fouet l’augmentation des prix de l’énergie. Idem pour les agriculteurs à qui la société niçoise propose des solutions spécifiques d’agrivoltaïsme, permettant, une fois installée, de poursuivre l’activité de culture ou d’élevage.
Une offre clés en main
Que ce soit dans un champ, en toiture, sur un parking ou un site sous-utilisé, Électricité d’Azur finance elle-même 100 % des projets, des études à la construction. "Le propriétaire du foncier perçoit un loyer annuel. L’exploitant agricole, par contrat, perçoit aussi des revenus, et peut devenir actionnaire du projet s’il le souhaite." Quant à l’entreprise, elle paye "en fonction des économies qu’elle réalise sur sa facture d’électricité. Un peu comme un contrat de performance énergétique."
Une façon aussi pour le nouvel acteur azuréen de lever un autre frein lié à la complexité via cette offre clé en main. "Ce qui existe sur le marché est très compliqué, assure Simon Bertin. Les grands groupes ont des équipes expertes dédiées, pas les ETI que nous adressons. Nous pensons que c’est avec une solution très simple que l’on pourra amener les gens vers le photovoltaïque."
Premiers projets en 2025
Une trentaine de projets agrivoltaïques sont à l’étude. Chaque impact étant passé à la loupe, il faudra plusieurs années pour qu’ils voient le jour. Les autres projets seront en revanche lancés en 2025 : sur deux hectares non utilisés d’une usine pétrochimique de Valence, en toiture de bâtiments neufs, sur une ancienne plateforme de construction de parpaings… Électricité d’Azur vise des projets "de taille raisonnable". Pour financer les premiers, elle prévoit une levée, en dette, de près de 5 millions d’euros.
Elle devrait compter une quinzaine de salariés d’ici la fin de l’année, entre son siège de Nice et son antenne de Lyon. Une seconde agence ouvrira en suivant à Reims (Marne).