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L’industrie automobile demande à l’UE de revoir ses objectifs de transition vers l’électrique
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L’industrie automobile demande à l’UE de revoir ses objectifs de transition vers l’électrique

À quelques jours du dialogue sur le futur de l’industrie automobile, le 12 septembre, les constructeurs et fournisseurs européens appellent la Commission européenne à revoir le plan de transformation automobile. Les conditions ne sont pas réunies selon eux, pour réussir la transition vers le tout électrique en 2035.

Les voitures électriques représentent environ 15% du marché européen en 2025, selon l'Acea et le Clepa — Photo : Ronald Rampsch

Le contexte économique et géopolitique impose de revoir la copie sur le plan de transition automobile européen. C’est ce que plaident l’Association européenne des constructeurs automobile (ACEA) et l’Association européenne des fournisseurs automobiles (CLEPA), dans une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne le 27 août.

En 2025, seules 15 % des voitures vendues en Europe sont électriques

En cause, un plan "idéaliste" qui ne réunit pas les conditions nécessaires au passage des voitures à l’électrique en 2035, mettant fin au thermique. En 2025, les voitures électriques ne représentent que 15 % environ du marché automobile européen. La proportion des véhicules électriques s’élève à 9 % pour les camions et 3,5 % pour les camionnettes.

Forte dépendance vis-à-vis de l’Asie

Les acteurs de l’automobile pointent en premier lieu la très forte dépendance vis-à-vis de l’Asie concernant l’ensemble de la chaîne de valeur des batteries, en particulier pour les semi-conducteurs et métaux rares. Le contexte géopolitique avec les États-Unis tend également le marché, avec l’imposition de tarifs douaniers qui pèsent lourdement sur l’Union européenne.

Coûts élevés et manque d’infrastructures de recharge

Sur le plan économique, le secteur automobile critique les coûts de fabrication plus élevés que dans les autres zones géographiques, du fait notamment, d’un prix de l’électricité plus important. Le développement des véhicules électriques se heurte également à "la distribution inégale des infrastructures de charge", qui freinent les consommateurs.

Atteindre les objectifs "n’est tout simplement plus réalisable"

Dans ce contexte, les associations européennes considèrent qu’atteindre "les objectifs rigoureux fixés pour 2030 et 2035 en matière d’émissions de CO2 pour les voitures et les camions, n’est tout simplement plus réalisable". Elles enjoignent la Commission européenne à revoir la trajectoire de ses objectifs.

L’Acea et le Clepa conseillent la mise en place de mesures incitatives pour passer aux véhicules électriques, tout comme une simplification des normes, et l’établissement de partenariats stratégiques durables avec les pays fournisseurs de ressources. Elles militent également pour élargir les technologies utilisées pour la transition à l'hydrogène.

Dialogue sur le futur de l'industrie automobile

L’Acea et le Clepa espèrent ainsi pouvoir faire modifier le plan européen lors du dialogue sur le futur de l’industrie automobile, le 12 septembre. La consultation, lancée en janvier dernier par l'UE, réunit les représentants de l'automobile et du transport (constructeurs, fournisseurs, salariés, consommateurs) et à pour but l'élaboration d'une feuille de route commune sur la transition du secteur.

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