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Limagrain projette d’investir 200 millions d’euros dans ses infrastructures
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Limagrain projette d’investir 200 millions d’euros dans ses infrastructures

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Quatrième semencier mondial et coopérative agricole détenue par 1 300 agriculteurs, Limagrain envisage 200 millions d’euros d’investissements pour reconstruire et moderniser deux installations de stockage et une usine de semence dans le Puy-de-Dôme.

Limagrain va investir 60 millions d’euros pour rénover silos de son usine de semences implantée sur le site d’Ennezat dans le Puy-de-Dôme — Photo : Julien Bruhat

Limagrain fête, cette année, les 60 ans de sa création. L’occasion pour le quatrième plus gros semencier mondial, également groupe agroalimentaire, (9 600 salariés dans le monde ; 2,5 Md€ de CA en 2023-2024) d’annoncer un investissement de taille. Il envisage ainsi d’investir 200 millions d’euros sur la zone agro-industrielle d’Ennezat dans le Puy-de-Dôme dans les 3 à 4 ans qui viennent.

60 millions d’euros déjà actés

"60 millions d’euros sont déjà actés pour reconstruire et moderniser deux installations de stockage : un silo pour le maïs destiné à la consommation humaine et un autre pour les semences. Ils devraient être opérationnels pour la moisson 2026", détaille Sébastien Chauffaut, directeur général de Limagrain, dont la maison-mère n’est autre qu’une coopérative agricole détenue par 1 300 agriculteurs auvergnats.

L’installation destinée aux semences, sorte de magasin automatisé de 9 600 m², sera notamment équipée de nouvelles technologies et complétée d’un système de contrôle de l’atmosphère (température, oxygène…). Cela devrait permettre "d’encore mieux sécuriser la qualité des semences" et de réduire les nuisibles potentiels, grâce notamment à un traitement par hypoxie qui diminuera la concentration d’oxygène de l’atmosphère.

140 millions pour rénover l’usine de semences

Ce nouveau bâtiment s’intègre dans un projet plus vaste… et d’envergure, qui vise aussi à rénover l’usine de semences, qui fournit des agriculteurs français et européens en semence de grandes cultures (maïs, tournesol, blé…). Les détails sont en cours de discussion pour ce projet qui concernerait une surface totale de 22 hectares et qui s’inscrit dans le cadre de la feuille de route stratégique de Limagrain intitulée "Ambition 2030".

Limagrain estime l’investissement à 140 millions d’euros, mais attend de savoir s’il sera accompagné par Bpifrance dans le cadre de France 2030 et pour quel montant. La subvention pourrait monter jusqu’à 10 millions d’euros, indique le groupe. "C’est un investissement lourd pour Limagrain, mais c’est le prix à payer pour répondre aux nouveaux usages et à nos besoins. Notre usine actuelle, mise en service début des années 70, avait été configurée pour traiter une dizaine de variétés de semences différentes, aujourd’hui 200 variétés sortent du site. Il faut recalibrer nos outils pour être plus flexibles", explique le dirigeant.

Améliorer la qualité et économiser de l’énergie

Car au-delà d’améliorer la qualité et d’augmenter les volumes, il s’agit d’une transformation industrielle complète vers une usine 4.0, qui intégrera la digitalisation, la centralisation et l’exploitation des données en temps réel. L’intelligence artificielle permettra, par exemple, de piloter les flux, d’adapter qualité et quantité souhaitées depuis le champ jusqu’à la dose de semence livrée au client. Aujourd’hui, 2 millions de doses sont produites par l’usine, ce qui permet de semer sur 1 500 000 hectares de champs.

Mais l’enjeu de ces travaux est aussi de faire des économies d’énergie. L’usine utilise du gaz pour sécher les céréales afin de les égrainer et les stocker. "Aujourd’hui, pour l’ensemble de nos sites français, notre facture énergétique s’élève à 22 millions d’euros, c’était 10 millions avant la guerre en Ukraine. C’est donc un sujet. On estime que dans cette nouvelle usine, nous pourrions réduire de 20 % l’électricité et jusqu’à 40 % notre consommation d’énergie de gaz", chiffre Sébastien Chauffaut.

Des investissements pour les 40 ans à venir

Côté emploi, les équipes actuelles seront formées pour monter en compétence et aucune suppression de postes n’est envisagée. "Ces investissements doivent nous permettre de nous projeter pour les 40 ans à venir. Mais cela passera aussi par la recherche dans la génétique. Nous continuons à investir plus de 310 millions d’euros par an dans la R & D afin, notamment, d’adapter nos semences aux effets du changement climatique. Nous sortons 300 nouvelles variétés chaque année", souligne le directeur général de Limagrain. L’entreprise emploie aujourd’hui plus de 860 chercheurs en France, dont 300 en Auvergne-Rhône-Alpes.

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