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Leygatech bâtit son avenir dans les emballages plastiques par croissance externe
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Leygatech bâtit son avenir dans les emballages plastiques par croissance externe

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À Saint-Romain-Lachalm, en Haute-Loire, le fabricant de films plastiques Leygatech vient de s’offrir sa première opération de croissance externe. Une acquisition de proximité qui lui permet d’élargir son offre dans les plastiques recyclables mono-matériau et d’envisager des synergies commerciales et R & D. Une première étape avant un développement à l’international envisagée pour 2026.

Leygatech possède désormais trois usines à Saint-Romain-Lachalm, Yssingeaux et Retournac — Photo : Frédéric Brassard

Caler sa stratégie de développement sur la feuille de route fixée par la nouvelle réglementation européenne PPWR (Proposal Packaging and Packaging Waste Regulation). Tel est le choix opéré par Leygatech, fabricant altiligérien de films plastiques recyclables mono-matériau pour l'industrie agroalimentaire et la pharmacopée (poches pour dialyses, contenants pour les officines, etc.), en reprenant en mai dernier la société Propyplast.

Conçue pour harmoniser la gestion des emballages et améliorer la gestion des déchets d'emballage à l'échelle européenne, "la PPWR décrit les 15 prochaines années de l'emballage plastique et flèche le polyéthylène et le polypropylène comme étant les deux matériaux pour aller vers des stratégies d'emballages mono-matériau 100 % recyclables. Le polyéthylène, c'est notre business historique. Et le polypropylène est celui de Propyplast", développe Thierry Bonnefoy, le PDG de Leygatech.

Synergies commerciales et R & D

En reprenant 100 % des parts de la PME basée à Retournac, Leygatech s'est donc doté d'une troisième usine en Haute-Loire (après Saint-Romain-Lachalm et Yssingeaux) et surtout de la seconde jambe nécessaire pour avancer dans l'univers des emballages plastiques flexibles.

Thierry Bonnefoy (à droite) lors de la signature du rachat de Propyplast — Photo : Gilles Cayuela

"Nous disposons désormais de la double compétence polyéthylène (PE) et polypropylène (PP). Avec cette acquisition, nous nous sommes aussi dotés d'une technologie différente de la nôtre. Leygatech maîtrise l'extrusion par gonflage alors que Propyplast utilise l'extrusion à plat appelée Cast. Outre la complémentarité, cela nous offre des perspectives intéressantes avec de belles synergies à la fois commerciales et en matière de R & D. Demain nous pourrions combiner nos technologies et matériaux pour faire, par exemple, du Cast PE pour obtenir d'autres propriétés sur nos polypropylènes", argumente Thierry Bonnefoy.

15 à 22 millions d'euros de CA sous 24 mois

Les "belles synergies" évoquées par le PDG de Leygatech devraient permettre à Propyplast de franchir un cap dans son développement. Spécialisée dans la fabrication des films Cast polypropylène pour étiquettes IML (Impression en fonds de moule), films d'operculage et films de lamination, la PME de Retournac devrait "bénéficier de jolis effets de levier pour faire naître une croissance dans les 18 à 24 mois", estime Thierry Bonnefoy.

L'entreprise, qui emploie actuellement 35 salariés et a réalisé 15 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2023, "avec une production annuelle de 4 000 tonnes de films", ambitionne d'atteindre "22 à 23 millions d'euros de chiffre d'affaires sous deux ans", confie le dirigeant.

Le groupe Leygatech, qui emploie 240 salariés sur 3 sites en Haute-Loire (Saint-Romain-Lachalm, Yssingeaux et Retournac) pèse désormais 120 millions d'euros de chiffre d'affaires. "À terme, l'objectif est d'atteindre 140 millions d'euros de chiffre d'affaires avec 250 salariés sur les deux entités", ajoute Thierry Bonnefoy.

Leygatech c'est désormais 120 millions d'euros de chiffre d'affaires et 240 salariés — Photo : Leygatech

Ouverture de capital et croissance externe

La reprise de Propyplast marque pour Leygatech le démarrage de sa stratégie de croissance externe, annoncée lors de son ouverture de capital en avril 2023. À l'époque, l'altiligérien avait fait le choix de céder 7 % de son capital à la société d'investissement Unigrains et à Carvest, la filiale d'investissement du Crédit Agricole. Deux investisseurs qui devaient accompagner Leygatech dans son développement à l'international avec en ligne de mire de "possibles opérations de croissance externe hors de l'Hexagone pour accélérer dans la pénétration des marchés", expliquait à l'époque un communiqué.

Si la première opération de croissance externe s'est faite sur le sol français, à proximité du siège du groupe, elle a toutefois permis à Leygatech de monter en puissance à l'export. "Chez Leygatech, l'export c'est 45 % du chiffre d'affaires et chez Propyplast le ratio monte à 70 %. Si on consolide l'ensemble, on doit être sur un joli 50 % à l'export", se réjouit Thierry Bonnefoy.

L'international dans la mire

Un chiffre qui pourrait encore progresser dans les années à venir puisque le dirigeant entend bien poursuivre sa stratégie de croissance externe, en ciblant, cette fois-ci, des entreprises étrangères. "Nous n'allons pas faire 200 acquisitions mais il y en aura d'autres, c'est certain ! Propyplast est très structurante et complémentaire en termes d'offre. La prochaine visera clairement des complémentarités de métier mais plutôt à l'international, de manière à avoir des répliques qui nous permettront d'avoir des relais de croissance un peu plus loin à l'export", commente le dirigeant.

Derrière ce discours un peu alambiqué se cache pourtant une stratégie très simple : apporter les produits au plus près des marchés en développant une production locale à l'international.

"L'objectif, c'est de se rapprocher de nos clients à l'international en produisant au plus près d'eux et en faisant en sorte d'apporter les techniques que nous avons développées dans nos usines françaises de manière à être le plus compétitif possible tout en étant au plus près des lieux de consommation", clarifie Thierry Bonnefoy.

Une nouvelle acquisition en 2026 ?

Si le dirigeant avoue avoir déjà identifié des cibles potentielles, il ne s'agirait pour l'heure que de "pistes froides". "Nous sommes sur des dossiers mais les personnes susceptibles de vendre ne sont pas pressées. Et cela nous convient parfaitement car nous n'avons, pour l'heure, pas la "bande passante" sur le plan financier pour réaliser une nouvelle opération", confie le PDG de Leygatech.

Conscient d'avoir avec Propyplast "un joli bébé à intégrer", le chef d'entreprise ne devrait pas déclencher de nouvelle opération de croissance externe dans les 12 prochains mois. "Nous sommes plutôt sur un horizon 2026, le temps de digérer l'acquisition, l'intégration et les développements sur Propyplast", conclut-il.

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