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Levées de fonds 2024 : la dégringolade de la Région Sud impose une réaction collective
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Levées de fonds 2024 : la dégringolade de la Région Sud impose une réaction collective

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En 2024, la Région Sud dégringole de la 3e à la 7e place avec 171 millions d’euros de montants levés. Ce chiffre était de 375 millions d’euros en 2023. Pour Noémie Keller, associée et directrice de la Région Sud chez In Extenso Innovation Croissance, cette mauvaise année en termes de levées de fonds doit pousser l’écosystème régional à réagir collectivement et à s’emparer du sujet de l’intelligence artificielle.

Noémie Keller, Associée et Directrice de la Région Sud chez In Extenso Innovation Croissance — Photo : DR

En 2024, la Région Sud décroche sur le front des levées de fonds. Après avoir fait preuve d’un dynamisme à contre-courant de la tendance nationale en 2023, elle sort du podium, reléguée à la 7e place avec 171 millions d’euros de montants levés, en recul de 54 % par rapport à 2023 (375 M€ levés). Pendant ce temps-là, en France, les entreprises ont levé un total de 8,1 milliards d’euros, en baisse de seulement 10 % et des régions enregistrent des progressions records, comme la Nouvelle-Aquitaine (+ 89 %), désormais troisième ou l’Occitanie, à + 35 %.

Les arbres qui cachent la forêt

Quant au nombre d’opérations, 41 en Région Sud en 2024, il est aussi en recul, de 25 % et le montant du ticket moyen baisse de 35 %, à 4,8 millions d’euros.

"La région a fait preuve de résilience par le passé, tirant profit de sa multipolarité et de sa diversité sectorielle, explique Noémie Keller, associée et directrice de la Région Sud chez In Extenso Innovation Croissance. Par ailleurs, il y a eu, par le passé, une ou deux grosses opérations, à l’image de TSE en 2023, avec 130 millions d’euros, qui faussaient les chiffres. C’étaient les arbres qui cachaient la forêt."

Rêver plus grand

Pour expliquer cette dégringolade, Noémie Keller pointe "le fait que la région ne soit pas montée dans les wagons de tête du train de l’intelligence artificielle, au risque de décrocher et, in fine, de rester à quai."

Et, elle veut y voir "un mal pour un bien", une opportunité pour l’écosystème régional. Pour elle, une réaction collective s’impose. "Les difficultés structurelles sont là depuis des années. 2024 les met en lumière et nous impose de réagir collectivement."

Selon la directrice, la solution viendra ainsi de la capacité du territoire à s’organiser collectivement pour créer une masse critique, davantage lisible pour les investisseurs. "Nous devons être en capacité de faire émerger des flux d’opération de qualité, de manière régulière pour séduire les investisseurs. Par ailleurs, nombre d’opérations sont "saucissonnées", épuisant les équipes de direction et ralentissant la création de valeur. Les startupers ne rêvent pas assez grand. Ils ont intégré les difficultés à lever des fonds et font preuve de prudence, voire de conservatisme, ce qui est contre-productif. Il nous faut des porteurs de projet avec des ambitions fortes", explique Noémie Keller, qui relève aussi un manque de serial entrepreneurs, qui réinvestissent et donnent une dynamique à tout un territoire. Il y a bien la start-up cannoise Hive, qui a levé 12 millions d’euros en 2023 et dont le dirigeant, David Gurlé, est connu pour avoir notamment fondé et dirigé la licorne américaine Symphony… Mais il en faut d’autres.

Accélérer la prise de conscience sur l’IA

Elle invite ainsi les acteurs régionaux à bannir le fatalisme. "La Région ne peut accepter de décrocher à un tel niveau et doit réagir. Ne pas aller dans la bataille représenterait un risque trop important pour l’écosystème, ne serait-ce qu’en termes de souveraineté. C’est compliqué, cela a un coût, mais nous devons défendre notre place."

Et la prise de conscience est bien là. La collectivité régionale s’est dotée d’une feuille de route sur l’intelligence artificielle dont les objectifs sont de faire de l’IA un outil utile aux citoyens et aux entreprises, accessible à tous et de soutenir l’excellence des chercheurs et start-up. Ce plan est doté de 70 millions d’euros sur 5 ans. "La dynamique est bonne, il nous faut désormais accélérer", se félicite Noémie Keller, qui invite toutes les PME à s’intéresser à leur numérisation. D’autant que l’Europe et la Région Sud financent le programme Move2Digital, un accompagnement sur-mesure dédié aux PME pour leur transition digitale.

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