La réindustrialisation de la friche des ex-Fonderies du Poitou à Ingrandes-sur-Vienne a connu un important rebondissement fin 2025/début 2026 avec l’annonce du retrait du producteur d’hydrogène vert nantais Lhyfe (CA : 10 M€, 200 salariés) sur 16 hectares du site. La start-up industrielle devait profiter de l’électricité verte produite par le parc photovoltaïque voisin installé par l’opérateur azuréen TSE (270 collaborateurs, 25 M€ de CA en 2025).
Bonne nouvelle : un second acteur a rapidement pris le relais. Il s’agit du groupe parisien SLS Actiparc, spécialisé dans la réindustrialisation verte et sociale, qui a redéveloppé un ancien site industriel au Cheylas en Isère. Une lettre d’intention (LOI) a été signée, avait fait savoir le Grand Châtellerault : "L’objectif est de déployer plusieurs projets industriels consommateurs d’électricité et générateurs d’emplois (estimés entre 100 et 150 postes)." "La création d’emplois fait partie de l’ADN de SLS Actiparc, avec l’ambition d’en créer le plus possible", insiste cet acteur, qui annonce que "l’investissement global est estimé à environ 100 millions d’euros".
Un industriel a été trouvé
À ce stade, la prudence reste de mise. "Les prochaines étapes sont confidentielles", explique l’opérateur. Mais en coulisses, les lignes bougent : "50 % du parc fait déjà l’objet de négociations avancées." Notamment, un industriel principal dont l’activité consommera l’électricité produite par TSE a d’ores et déjà été trouvé, indique TSE. Les négociations se poursuivent.
"SLS Actiparc a démontré sa crédibilité. 70 entreprises ont été accompagnées en dix ans en région Rhône-Alpes", rassure le promoteur. SLS Actiparc (15 salariés) porte le nom du parc d’activité qu’il a développé, situé au Cheylas en Isère. "J’ai racheté cette friche industrielle de 30 hectares qui était l’ancien site de stockage des déchets de l’aciériste Ascométal il y a dix ans pour en faire une pépinière d’entreprises au service de la réindustrialisation verte", expliquait au Journal des Entreprises Matthieu Janin, président de la foncière SLS Actiparc Sillon Alpin, en septembre 2025. "Nous avons jusqu’à présent investi 60 millions d’euros pour rénover le site, qui comporte désormais 40 000 m2 de bâtiments". Parmi les acteurs présents sur place, on retrouve Lhyfe.
Le premier permis de construire obtenu pour TSE
Parallèlement, les projets de TSE avancent. Pour mémoire, le groupe niçois envisage d’installer deux centrales sur les deux sites de l’ex-fonderie : 29 MWc à Ingrandes sur une parcelle de 24 hectares et plus de 30 MWc à Oyré sur 37 ha, où se trouvait le centre d’enfouissement technique. Soit environ 86 000 panneaux au total. Ces 60 MWc (produisant annuellement plus de 70 GWh), nécessitent un investissement d’environ 48 millions d’euros. "Plus de la moitié de la valeur est française, les panneaux (importés, NDLR) représentent moins de 10 %", précise Yann Debernardy, le directeur du projet.
TSE a obtenu début mars le permis de construire à Ingrandes, après seulement un an d’instruction. Les travaux de démantèlement viennent de s’achever : les plus de 60 000 m2 de bâtiments emblématiques des fonderies ont été rasés par la société francilienne Cardem (CA 2024 : 132 M€, 500 collaborateurs). Le chantier aura coûté 2 millions d’euros.
Une mise en service espérée en octobre 2027
En juin, démarrera la phase de financement. "Nous espérons qu’un appel d’offres de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) sur les centrales au sol sera émis, pour que nous puissions postuler. Si ce n’est pas le cas, nous chercherons d’autres méthodes de financement", expose Yann Debernardy. Les travaux de dépollution des sols seront conduits en septembre 2026, suivis de la construction d’un poste électrique neuf fin 2026 (pour plus de 7 millions d’euros). Si le financement est trouvé, la construction du parc débuterait alors en 2027 pour une mise en service en octobre 2027.
L’avancement des opérations du site d’Oyré connaît un décalage d’un an. Les travaux de mise en sécurité n’ont été terminés que début 2025. L’année qui a suivi a été consacrée à l’inventaire faune-flore, qui s’étale sur quatre saisons. "Nous venons de déposer la demande de permis", explique le directeur. Aussi, l’obtention du précieux sésame interviendra probablement au 2e trimestre 2027. La destination de l’électricité qui sera produite n’est pas encore tranchée : soit une connexion classique au réseau, soit un transfert en courant continu vers le poste d’Ingrandes.
Maison Antoine Baud a signé pour une plateforme logistique
Plusieurs projets avancent de concert : TSE a signé le 16 mars la promesse de vente de 5 hectares à la foncière auvergnate Maison Antoine Baud (CA : 12, 6 M€, 4 collaborateurs) qui va y construire une plateforme logistique de 22 000 m² afin de la louer. Il est prévu que la demande de permis de construire soit déposée en septembre pour un démarrage d'exploitation en 2028. Un projet à 14 millions d'euros pour implanter une activité qui créerait des dizaines d'emplois supplémentaires.