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Les ventes et cessions de commerce stagnent, les prix flambent
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Les ventes et cessions de commerce stagnent, les prix flambent

En 2024, 31 700 transactions liées à des ventes et cessions de commerce se sont réalisées, selon la dernière enquête d’Altares. Un nombre qui stagne depuis trois ans, tandis que le prix moyen flambe. Les Hauts-de-France et les Pays de la Loire sont les deux régions qui affichent la plus forte dynamique.

Le nombre de cessions et de ventes de fonds de commerce reste stagnant depuis plusieurs années, autour de 30 000 par an — Photo : Gorodenkoff Productions

Le nombre de ventes et de cessions de commerce en 2024 stagne. C’est ce qui ressort de l’enquête publiée ce jeudi 12 juin par Altares. Avec 31 700 transactions réalisées, les ventes et cessions de commerce restent loin des volumes d’il y a dix ans. Le prix moyen, lui, atteint un niveau record.

Un ticket moyen à 258 000 euros

Les fonds de commerce se sont en moyenne vendus à 258 000 € en France en 2024. Un prix moyen record, qui bat le précédent niveau historique de 2023 "porté par les supermarchés et les pharmacies", relève l’étude d’Altares. Le prix moyen des cessions de supermarchés a ainsi bondi de 76% pour atteindre près de 1,9 million d'euros, contre 1,2 million d'euros pour les officines. Une poussée inédite des supermarchés qui masque complètement la baisse de 4% du ticket moyen de cession des pharmacies, tout comme celle de près de 6% des hôtels.

Près de 32 000 cessions, contre 45 000 il y a dix ans

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Le nombre de cessions, en revanche, stagne depuis 2022. "Avec 31 703 achats de fonds enregistrés sur l’année, nous restons sur des volumes encore très en deçà des niveaux observés il y a 10 ans", souligne Thierry Millon, le directeur des études d’Altares. Entre 2010 et 2015, le nombre de reprises de fonds de commerce tournait autour de 45 000, contre 30 000 ces dernières années.

La restauration, la boulangerie et les cafés dynamiques

La restauration représente 25 % des rachats de fonds de commerce. Aux côtés de la restauration de table (+ 2,8 %) et de la restauration rapide (+ 2,4 %), les cafés sont particulièrement dynamiques (+ 4,2 %). Après une baisse de près de 22 % en 2023, le nombre de transactions de boulangeries repart à la hausse (+ 10 %) avec 1 375 établissements transmis.

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Les cessions de salons de coiffure, pharmacies, buralistes et hôtels en baisse

Les cessions de bureaux de tabac connaissent la plus forte baisse en 2024 (-10,7 %), devant les officines de pharmacie (-5,7 %) et les hôtels (-4,4 %). Les transactions chez les coiffeurs continuent de stagner depuis 2023, et sont en léger recul de 0,2 % en 2024.

Les Hauts-de-France et les Pays de la Loire se démarquent

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La région des Hauts-de-France connaît le plus fort dynamisme en nombre de transactions de fonds de commerce, avec une hausse de 13,2 % sur un an (2 019 opérations). "Une dynamique dopée notamment par les transmissions de supermarchés et hypermarchés", précise l’étude d’Altares. La région est également la première en prix de vente moyen de cession, à plus de 400 000 €. Un montant considérable, "tiré par les reprises de fonds de supermarchés et hypermarchés Casino par Auchan", explique Altares.

Les Pays de la Loire tirent aussi leur épingle du jeu avec une hausse de 10 % des transmissions, pour un total de 1 974 reprises en 2024. Cette hausse est largement "tirée par le secteur de la construction (+ 27 %)", selon l’étude d’Altares.

Les autres régions sont à la traîne dans les transactions en 2024, allant d’une hausse de 4,5 % (Bretagne) à une baisse de 2,8 % (Grand Est).

Quelles perspectives pour 2025 ?

Après une stagnation depuis quelques années du nombre de cessions, l’année 2025 semble emprunter le même chemin. "Le début d’année 2025 démarre mollement avec moins de 8 000 acquisitions, un nombre en retrait de 1,3 % par rapport à début 2023 suggérant que 2025 butera encore sur ce qui ressemble à un plafond de verre", commente Thierry Millon. Le point positif tient néanmoins à la pérennité des transmissions, avec un faible taux de défaillance, dans un contexte où la sinistralité atteint un niveau record.

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