Le terme technopole est apparu en France dans les années 1970 et il aura fallu un long débat de linguiste pour imposer le genre féminin et l'absence d'accent. Ces centres et parcs ont pris leur essor ici dans les années1980 et1990, souvent avec pour modèle les campus de la Silicon Valley. La première dans l'Hexagone fut Sofia-Antipolis.
Innovation et cluster
Les technopoles impliquent une notion territoriale: rassembler en un même lieu des centres de recherche et des entreprises permettant de couvrir les process, de la phase du laboratoire à l'application, dans les domaines de haute technologie. À l'époque des balbutiements d'internet, elles offraient l'avantage de proposer des réseaux déjà performants quand le citoyen en était encore au Minitel, l'État et les collectivités locales étant prodigues de moyens financiers. Le développement fulgurant des nouvelles technologies de l'information pourrait rendre ces centres obsolètes puisqu'aujourd'hui plus besoin d'être au bureau pour produire et partager du savoir et de la connaissance. Reste que le contact et la proximité géographiques restent incontournables. Le succès rencontré par beaucoup d'entre elles semble prouver que leur intérêt reste vivace, y compris à l'étranger. Les chercheurs y trouvent des conditions de travail excellentes et les entreprises à l'affût peuvent saisir au plus vite la perle rare. L'innovation implique toute la chaîne. Or, l'innovation, la connaissance sont les clefs de l'avenir. La multiplication des clusters est là pour le prouver.
Suscite le débat
Cette proximité a parfois suscité des commentaires cruels. Dans une étude intitulée "Les Technopoles entre utopie et non-lieu de la mondialisation: le cas de Sophia-Antipolis", deux chercheurs - Jacques Araszkiewiez et Paul Rasse -, soulignaient au milieu des années 2000 que si le projet initial d'offrir un site exceptionnel susceptible d'attirer les meilleures compétences fonctionnait parfaitement, "le site (n'était) pas vraiment habité". En dépit de sa stature internationale; "la Cité de la Sagesse n'est en définitive qu'un non-lieu de la mondialisation, une cité prestigieuse réservée aux nantis, les cadres privilégiés des grandes multinationales travaillant dans des domaines de pointe", écrivaient-ils à l'époque. Un autre débat est parfois engagé entre acteurs souvent politiques, comme c'est le cas en Bretagne: les technopoles, leur puissance d'attraction et les moyens publics et privés qui y sont consacrés participeraient au déséquilibre régional en terme d'aménagement du territoire au bénéfice du bassin-mère.
À l'heure de la mondialisation du savoir, du cloud et des outils de communication de plus en plus rapides, les technopoles ont-elles encore une justification? Le contact et la proximité géographiques semblent rester incontournables.