Les Recycleurs Bretons : 5 M€ sur quatre ans
# Investissement

Les Recycleurs Bretons : 5 M€ sur quatre ans

Les Recycleurs Bretons ont des projets dans leurs cartons. L'entreprise finistérienne de collecte, de traitement et de recyclage des déchets engage, à moyen terme, près de 5 M€ en constructions immobilières et en outil de production. Thomas Giraudet

C'est devenu une habitude. Depuis sept ans, entre croissances externes et créations ex-nihilo, Les Recycleurs Bretons agrandissent chaque année leur périmètre d'activités. 2009 coïncide cette fois avec l'ouverture d'une agence, à Guilers, pour le rachat des ferrailles et métaux, et l'émergence d'Alzéo Environnement. Créée en juin2008 sous le nom d'Iroise Environnement, cette dernière permet au groupe de se positionner sur le marché régional des effluents avec ses agences à Guilers et Rennes. «Ça nous octroie un meilleur rayonnement d'une entreprise au fort potentiel», confie Pierre Rolland. La PME s'est associée sur cette affaire avec Jean-Philippe Roudier. Alzéo Environnement intervient dans les fosses sceptiques, les bacs à graisse, les séparateurs d'hydrocarbures, les bassins de station d'épuration, les fosses de lavage,etc. afin de pomper les boues pour le compte d'industriels (agroalimentaire, BTP, secteur pétrolier) et de collectivités. «Mais nous ne faisons pas de l'assainissement classique. On procède par une déshydratation des boues par le biais de nos unités mobiles. On évite le déplacement de matériel, le coût du traitement est limité et on recycle les produits sur place», précise Pierre Rolland, à la tête des Recycleurs Bretons depuis 2003. Le dirigeant connaît bien le milieu. Sa précédente entreprise Rolland, spécialiste du dégazage de cuve, a été cédée en 2002, à Veolia. Cargill à Brest, le CHU de la Cavale Blanche, le CMB, l'ABN de Landivisiau font figure de premières références locales. En attendant plus. Pour le premier exercice complet d'Alzéo, l'objectif est d'atteindre 600 à 800 K€ de chiffre d'affaires. Et derrière, c'est aussi acquérir des compétences pour la dépollution de bateaux par exemple...




2M€ à Plouigneau

Malgré un marché des matières premières recyclables en chute au second semestre 2008 - les prix de la ferraille ont été divisés par trois en un an - le spécialiste de la collecte, du tri et de la valorisation des métaux ferreux et non ferreux a réussi à dégager une croissance organique à 11M€ de CA sur l'exercice 2008. Selon son dirigeant, une politique d'achats prudente, combinée à des stocks limités, expliquerait la solidité de l'entreprise dans l'actuelle conjoncture. À moyen terme, la stratégie d'entreprise devrait porter le volume d'activité à 13M€. Le récent arrêté préfectoral, reconnaissant ICPE (Installation classée pour la protection de l'environnement) le site des Recycleurs Bretons à Plouigneau, près de Morlaix, augmente sensiblement la capacité de stockage. Le tonnage de déchets industriels banals et commerciaux passe de 12.000t à 48.000t par an et celui de la ferraille de 8.000 à 32.000t. Ce sésame en poche, Pierre Rolland a décidé d'investir pour atteindre au plus vite la taille critique de l'entreprise. Entre 1,5 et 2M€ vont être engagés d'ici à 2012 pour agrandir de 10.000m² le site et l'équiper.




Travailler de nouvelles matières

Dans un secteur dominé par des groupes nationaux et mondiaux, l'entreprise finistérienne est attachée à son indépendance. Commercialement, elle a resserré sa stratégie sur son bassin d'implantation naturel du Nord-Finistère pour ses métiers traditionnels. «Je crois que la période de crise peut être profitable. Les professionnels sont à la recherche de proximité, de réactivité et de traçabilité dans la gestion de leurs déchets.» Mais ce n'est pas tout. Au sein de cette industrie lourde, la PME tente d'innover. En association avec deux autres industriels, dont les noms ont été tenus secrets, Les Recycleurs Bretons se donnent ainsi un an pour travailler sur la transformation de déchets en combustibles (cf ci-contre). Le site de production pourrait se trouver à terme à Saint-Thudon (Guipavas), une zone sur laquelle l'entreprise possède 40ha de terrain et où elle a prévu de rassembler les sièges sociaux de ses filiales. L'investissement global, pour une installation en 2012, pourrait avoisiner les 3M€. Une véritable vitrine pour la société.

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