Les promoteurs immobiliers insistent pour créer un statut de bailleur privé et contrer la chute du logement neuf
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Les promoteurs immobiliers insistent pour créer un statut de bailleur privé et contrer la chute du logement neuf

Le marché du logement neuf poursuit sa chute avec moins de 10 000 logements mis en vente au 3e trimestre 2025. Alors que les élections municipales approchent, l’inertie dans le secteur risque de se prolonger. Pour relancer le marché, la Fédération des promoteurs immobiliers veut croire en la création du statut fiscal de bailleur privé.

Les promoteurs immobiliers misent beaucoup sur le statut de bailleur privé pour relancer le marché du logement neuf — Photo : Bjoern Danzke

Moins de 10 000 logements neufs ont été mis en vente au troisième trimestre 2025, un niveau bas jamais atteint, selon la dernière édition de l’observatoire de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). Pour contrer cette tendance, la profession insiste sur la création d’un statut de bailleur privé, car l’investissement locatif a baissé de 55 % par rapport au troisième trimestre 2024.

Un nouveau statut fiscal proposé dans le projet de budget

La création de ce statut concernant les propriétaires bailleurs, qui pourront bénéficier d'un avantage fiscal, a été débattue à l'Assemblée nationale le 14 novembre.

Avec l’objectif affiché de relancer l’investissement locatif, le dispositif introduit un mécanisme d’amortissement pour tous les logements acquis à compter du 1er janvier 2026 et loués nus pendant une longue durée.

Mais l’issue du budget étant incertaine, la FPI insiste sur la nécessaire adoption du texte. "Nous sommes aujourd’hui soumis à une situation qui nous dépasse : tout dépend désormais de la capacité du gouvernement et du Parlement à s’accorder pour offrir à la France une loi de finances", déclare Pascal Boulanger, président de la FPI dans un communiqué.

Tous les indicateurs sont dans le rouge

Les chiffres publiés par la FPI sont mauvais. Les mises en vente ont décroché depuis 2023 : avec 14 760 logements mis en vente au 3e trimestre 2023, contre environ 23 000 les années précédentes. Depuis, la chute ne fait que s’accentuer, 10 500 logements ont été mis en vente au 3e trimestre 2024 et 9 960 précisément au 3e trimestre 2025.

Face à cette situation, les promoteurs ont tendance à retirer leurs opérations. 19 % des logements ont ainsi retiré de la commercialisation au 3e trimestre 2025 contre 4 % au 3e trimestre 2022.

46 mois

Côté acheteurs, la situation n’est pas plus optimiste. Les ventes de logements neufs baissent de 20 % au 3e trimestre pour atteindre 17 000 unités vendues. Ce chiffre atteignait 25 000 logements vendus au 3e trimestre 2022 et 31 000 sur la même période en 2021. Dans ce contexte, les délais d’écoulement des logements vendus restent longs et atteignent 19 mois. Les délais explosent dans les métropoles de Rouen (39 mois) et de Grenoble (46 mois). Avec les élections municipales à venir en mars prochain, ces chiffres ne devraient pas connaître d’amélioration d’ici là.

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