Jouer collectif face à une crise qui s’éternise. Le 9 septembre dernier, neuf organisations du secteur de la construction et du logement se sont réunies à Bordeaux pour lancer officiellement une "union pour le logement en Gironde" (ULG). Pour les antennes locales ou nationales de ces structures (FFB, Fnaim, Unam, notaires, géomètres experts, syndicat de la rénovation, association de l’ingénierie (Aria), fédération des promoteurs et union des aménageurs), il est nécessaire d’être "force de proposition" face à une "double crise de l’offre et de la demande qui perdure".
Un rôle de démonstrateur
"Nous souhaitons apporter des solutions et être un démonstrateur", souligne Jérôme Banderier, président de l’Unam (Union nationale des aménageurs) girondine. Cette union s’affiche dans un contexte de crise immobilière profonde dans le département depuis 2023, comme en témoignent les chiffres publiés régulièrement par l’Oiso (Observatoire immobilier du Sud-Ouest). Les mises en vente de terrains à bâtir ont chuté de 22 % au premier semestre (558 lots), tout comme les ventes (398 parcelles) dans la région. La Gironde, qui représente 22 % des ventes de terrains au premier semestre, n’est plus le département le plus attractif, devancé par la Charente-Maritime (40 %). 480 opérations ont été retirées de la vente ou annulés.
L’ULG dénonce un choc frontal entre des besoins en hausse et une production en baisse "due à de multiples facteurs". "Les durées d’instruction des permis de construire, de deux ans en moyenne, s’allongent, tout comme les phases de pré-instruction des projets", résume Sophie Hopensztand, de l’Aria Nouvelle-Aquitaine. "Les plans locaux d’urbanisme sont sous exploités, les équilibres financiers des opérations plus difficiles à trouver et l’explosion administrative diminue le nombre d’autorisations".
Des perspectives peu rassurantes
La rénovation ne tire pas non plus son épingle du jeu, comme le souligne Florent Fauconnier, président du Synar (syndicat national de la rénovation). "Les choses bougent sur la revente de biens anciens, mais pas sur les opérations qui nécessitent d’importants travaux, des permis et des acquéreurs capables de décrocher des crédits", précise ce dernier.
Et les perspectives de démarrage de nouveaux chantiers, à entendre les professionnels, ne sont guère plus rassurantes. "Les instructions de permis de construire diminuent aussi de 30 %. On craint un trou d’air", ajoute Jérôme Banderier, dirigeant cette nouvelle structure de l’ULG qui souhaite associer d’autres acteurs, notamment les banques, associations (de propriétaires et locataires) et, pourquoi pas, les architectes.
Vers un futur plan d’actions
Ce constat digéré, que propose donc l’ULG, déjà consciente qu’elle ne pourra pas se substituer aux lois nationales (à l’image du diagnostic performance énergétique (DPE) ou du zéro artificialisation nette) ? La simplification administrative et réglementaire figure, bien entendu, au sommet de ses priorités, aux côtés de "l’efficience dans l’instruction des autorisations". L’ULG prévoit de se réunir chaque trimestre pour débattre entre professionnels sur une thématique précise et en tirer des propositions. "À nous de définir des objectifs, d’identifier les freins et de proposer un plan d’action", termine son porte-parole.