Fin 2024, près de 390 médicaments étaient en rupture de stock en France, et un peu plus de 1 140 en risque de rupture de stock, selon le bilan annuel publié par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) en mars 2025. Des chiffres élevés, mais nettement plus faibles que lors du pic de 2023.
Des pénuries réduites de moitié, mais toujours à un niveau élevé
Au plus fort de la pénurie en mars 2023, plus de 800 médicaments étaient en rupture de stock en France, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament. Ces pénuries ont donc été réduites de moitié en 2024, mais restent "à un niveau historiquement élevé", souligne une étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques).
Entre 2017 et 2021, le niveau des ruptures de stock s’était toujours maintenu en dessous de la barre des 200 médicaments, à l’exception d’un pic en avril 2020 lié au Covid.
Néanmoins la tendance est à la baisse aujourd’hui. Depuis avril 2023, les ruptures de stock sont en diminution de manière quasi constante. "L’un des symboles des pénuries passées, l’amoxicilline, bénéficie désormais d’un approvisionnement régulier couvrant les besoins des patients", s’est réjoui Thierry Hulot, président du syndicat Les Entreprises du médicament (Leem), dans un communiqué, le 27 mars.
Rupture de stock ne veut pas forcément dire effondrement des ventes
Comment les ruptures de stock et les risques de rupture affectent-ils les ventes des médicaments ? "En moyenne, sur l’ensemble de la durée d’un épisode de tension, le nombre de boîtes livrées aux pharmacies a baissé de 11 % pour une rupture de stock et de 7 % pour un risque de rupture", répond la Drees.
Lors du pic atteint à l’hiver 2022-2023, le nombre de boîtes manquantes de "médicaments d’intérêt thérapeutique majeur" a représenté "entre 6,5 % et 10 % du volume habituel de vente total de ces médicaments" chaque mois, estime encore l’institution. Ainsi, une rupture de stock "ne s’accompagne pas systématiquement d’un effondrement des ventes".
Le Leem demande une "approche européenne coordonnée"
La baisse des pénuries de médicaments est le résultat fructueux des "efforts conjoints de l’administration, des industriels et des distributeurs", juge Thierry Hulot. Le président du syndicat Leem et PDG de Merk en France milite pour "une approche française et européenne coordonnée".
Le syndicat professionnel demande ainsi qu’une liste des médicaments "critiques" soit établie à l’échelle européenne, pour "mieux coordonner les stratégies de prévention".
Et préconise qu’au lieu de sanctions, une revalorisation des prix des molécules des médicaments à risque (soit mise en place) afin de "sécuriser leur production et leur disponibilité sur le marché".Dans sa feuille de route pour 2024-2027, le gouvernement a de son côté inscrit la relocalisation des médicaments critiques dans ses axes d’amélioration de la disponibilité des médicaments.