La Région Pays de la Loire a été peu mise en avant lors du dernier sommet Choose France. Comment réagissez-vous ?
C’est un constat, oui. Nous ne sommes pas une "grande" région issue d’une fusion, comme d’autres, et cela peut jouer dans la perception nationale. Pourtant, nous avons de nombreux atouts. Même si les 3,5 milliards d’euros du groupe MSC pour deux paquebots aux Chantiers de l’Atlantique relèvent plus d’une commande que d’un investissement au sens classique, ce projet générera plus de 20 millions d’heures de travail entre 2027 et 2030, mobilisera 500 fournisseurs français et soutiendra plus de 3 000 emplois en équivalent temps plein. L’État le considère donc pleinement comme un investissement direct étranger (IDE) dans son bilan.
D’autres projets vous semblent-ils plus représentatifs de la dynamique locale ?
Plusieurs investissements significatifs sont en cours. Je pense notamment à l’extension du site de production de GSK en Mayenne, ou au réinvestissement d’Accenture à Orvault, deux projets portés par des groupes à capitaux étrangers. Ces annonces ont été faites au niveau national, mais leur déclinaison régionale est bien réelle, et nous y veillerons lors du prochain bilan des investissements étrangers. À noter également les réinvestissements récents de Zambon (5,9 M€, 27 emplois en 2022) et Tetra Pak (100 M€, 40 emplois en 2021), qui confirment la confiance des grands groupes étrangers dans notre territoire.
Peut-on quantifier cette dynamique d’attractivité étrangère ?
En 2024, nous avons enregistré 88 nouveaux projets d’IDE, soit une hausse de 7,5 %, alors même que la tendance nationale était à la baisse (-7 %). C'est un record historique pour notre région. Nous représentons 8,5 % des projets IDE en France pour un PIB de seulement 5,2 %, ce qui montre notre performance. Le baromètre EY 2024 nous classe 6e sur 13 régions en nombre de projets, et 4e en nombre d’emplois créés.
Comment expliquez-vous cette performance ?
C’est le fruit d’un travail collectif entre les équipes régionales, Business France et les acteurs territoriaux. Nos développeurs économiques sont présents dans chaque département. Nous animons des réseaux dédiés aux entreprises étrangères, comme celles d’origine japonaise. La présidente Christelle Morançais s’implique personnellement, que ce soit à Paris ou lors de missions à l’international.
Quels sont les leviers concrets mis en œuvre ?
L’un des plus récents, c’est l’accélérateur foncier, lancé avec le préfet de région. Il propose une dizaine de sites clés en main avec des démarches administratives accélérées. Nous avons aussi le programme Impact, dédié aux start-up et scale-up industrielles à fort potentiel (décarbonation, numérique, foodtech…). Ce programme gratuit, réactif et sur-mesure a déjà permis l’implantation de cinq sociétés : Composites Recycling, Contournement, Bienfait, Kuba et Excellent Burger Dumani, dans une dynamique collective qui implique 18 partenaires et 53 projets suivis.
Avez-vous des exemples concrets de ce type d’implantation ?
Oui, récemment, une start-up espagnole a été accompagnée par le pôle EMC2 pour s’installer dans un de nos Technocampus, à proximité d’Airbus, dans un écosystème mêlant industrie, innovation et recherche. Ce sont des implantations discrètes mais hautement stratégiques pour la souveraineté technologique du territoire.
Quelles sont les qualités que vous mettez en avant pour attirer ces investissements ?
Notre sérieux, notre savoir-faire, le haut niveau de formation de notre main-d’œuvre. Nous avons des filières d’excellence bien identifiées et une administration locale qui sait se mobiliser vite. L’accélérateur foncier est un signal fort que nous envoyons aux investisseurs : ici, on peut concrétiser rapidement, et alléger les contraintes administratives.
Le Grand Port maritime de Nantes – Saint-Nazaire joue-t-il un rôle dans cette stratégie ?
Oui, bien sûr. Il reste un levier logistique majeur, même s’il souffre encore d’un déficit d’image face à des ports plus connus comme Le Havre ou Anvers. Nous travaillons à valoriser son potentiel, en particulier pour les entreprises tournées vers l’export ou les grands projets industriels.