Les industriels plient mais ne rompent pas
# Agroalimentaire # Conjoncture

Les industriels plient mais ne rompent pas

Baisse des marges et de la compétitivité, accentuation de la guerre des prix dans la grande distribution... : c'est le bilan morose que dressent les industriels français de l'agroalimentaire de l'année 2016. Malgré le constat, ils continuent de stabiliser leur chiffre d'affaires et de créer de l'emploi.

La première industrie de France a souffert en 2016. Les entreprises agroalimentaires ont subi à la fois une baisse de leurs marges et de leur compétitivité, a annoncé l'Association nationale des industries alimentaires (Ania) lors de son bilan annuel le 4 avril. En cause, « la hausse du prix des matières premières alimentaires (+14% en 2016, ndlr), la guerre des prix dans la grande distribution (-1,1%, ndlr) et la pression fiscale (+10% d’impôts sur la production et +13% de charges sociales, ndlr) qui assomment les entreprises », accuse Jean-Philippe Girard, le président de l'organisation professionnelle.

Cité comme exemple, le taux de marge du secteur agroalimentaire a baissé de 3,1% en 2016, « soit près de quatre points depuis 2007 », indique l'Ania, et ce malgré les "coups de pouce" du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) et des baisses du prix du pétrole et des taux d’intérêt. Sur le plan concurrentiel, la France perd ainsi des parts de marché à l'export et se retrouve au quatrième rang mondial.

12 propositions pour la présidentielle

Pourtant tout n'est pas tout noir pour l'industrie alimentaire hexagonale. Elle s'est maintenue en 2016 en tête des secteurs industriels français avec un chiffre d’affaires de 172 milliards d’euros quasi stable (+1,1% par rapport à 2015) et a permis la création nette de 4 300 emplois sur l'année (près de 11 000 créés depuis 2013 contre quasiment 89.000 détruits dans l'industrie en général). Et comme tout bon lobby qui se respecte, l'Ania entend bien peser sur la campagne présidentielle. En résultent 12 propositions à destination des candidats. Au cœur de ses revendications, on trouve la création d'un "grand" ministère de l’Alimentation, la transformation du CICE en baisse de charges sur les salaires, la mise en place d'un moratoire sur la "fiscalité comportementale" (qui vise à influencer des comportements jugés à risque pour la santé des consommateurs), ou encore la refonte du cadre réglementaire des relations commerciales en partant d’une approche "filière alimentaire".

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