Un "débat public global" sur le devenir du territoire Fos-Etang de Berre débute le 2 avril à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) pour "apporter une information complète et une vision d’ensemble sur l’évolution de la zone industrielle Fos-Etang de Berre" et notamment sur les projets de réindustrialisation et de décarbonation. Plusieurs entreprises, comme GravitHy, H2V et Néocarb, ont déjà annoncé des projets industriels dans cette zone industrialo-portuaire.
Marcegaglia s’apprête à investir 750 millions d’euros
Vient de s’ajouter à ces projets, celui de Marcegaglia, qui s’apprête investir 750 millions d’euros. Antonio Marcegaglia, président du groupe italien Marcegaglia, repreneur en juin 2024 de l’usine Ascometal au bord du précipice à Fos, a su redonner confiance aux salariés sur le devenir de ce site qui produit 100 000 tonnes d’aciers spéciaux par an.
Devant la maquette de l’unité qu’il veut construire pour mi-2028, il détaille au ministre de l’Industrie Marc Ferracci son ambition : "Nous allons investir 750 millions d’euros pour produire ici 2 millions de tonnes d’acier bas carbone. Notre projet aura un impact important pour le terminal minéralier du port, avec 2 millions de tonnes de ferrailles en entrée et sur une logistique multimodale, avec 2 millions de tonnes de produits en sortie pour renforcer l’intégration de notre groupe sur l’amont de sa chaîne de valeur".
"Les services de l’État et les acteurs locaux seront au rendez-vous"
Reposant un actionnariat familial, Marcegaglia réalise un chiffre d’affaires de 7,5 milliards d’euros pour 7 800 collaborateurs. Une hausse de la production d’aciers spéciaux à 150 000 tonnes fait partie du projet, la modernisation de l’usine actuelle devant débuter en 2026. L’effectif devrait à terme plus que doubler, de 320 à 700 salariés. Le calendrier strict, affiché par Marcegaglia, impliquera des procédures administratives et environnementales menées dans des délais records. "Les services de l’État et les acteurs locaux seront au rendez-vous", a promis Marc Ferracci à Antonio Marcegaglia.
Kem One investit 200 millions d’euros dans sa décarbonation
La nouvelle installation du groupe industriel lyonnais Kem One (1 500 salariés, 1,1 Md€ de CA en 2023) a dépassé le stade du projet : elle tourne depuis ce 24 mars. En trois ans, Kem One, l’un des acteurs chimiques historiques, producteur de chlorure de vinyle monomère qui sert à la fabrication de PVC a dépensé 200 millions d’euros dans la transition écologique de son unité de Fos-sur-Mer. Elle doit permettre de réduire sa consommation d’électricité de 16 %, sa consommation de gaz naturel de 36 % et ses émissions de gaz à effet de serre de 50 000 tonnes en fiabilisant ses activités avec le projet Elyse. Ce chantier a consisté en un changement de son procédé technologique, d’une électrolyse diaphragme utilisée depuis 1976, très gourmande en énergie, à une électrolyse à membrane bipolaire.
"C’est un moment important pour notre usine et pour tous les salariés, explique le directeur de projet, Philippe Engel. Cette transformation s’est construite par étapes. Le grand arrêt de fin 2024 a permis d’effectuer toutes les connexions aux équipements existants, la salle d’électrolyse mise en service aujourd’hui parachève l’opération de conversion tout en ouvrant à l’usine de nouvelles perspectives".
"Nous avons maintenant besoin d’un prix d’électricité compétitif"
Le directeur de Kem One à Fos, Alain Consonni, et le directeur technique et innovation, Olivier Thomas, ont détaillé à Marc Ferracci les différents travaux, en partie soutenus par l’État dans le cadre du plan de relance post-Covid. Le seul grand arrêt mené en novembre 2024 a coûté 56 millions d’euros (36 en maintenance et 20 en investissement). Il a mobilisé 1 800 personnes durant cinq semaines. Kem One s’est également doté d’un nouveau terminal d’éthylène et d’un bac de stockage cryogénique de 30 000 m3, inaugurés en septembre 2023, et de nouveaux appontements pour recevoir le sel nécessaire au fonctionnement de sa nouvelle électrolyse. "Nous avons maintenant besoin d’un prix d’électricité compétitif", ont-ils indiqué à Marc Ferracci pour qu’il fasse passer le message à EDF.