Combien d’entreprises bretonnes exportent aux États-Unis ? Dans quelles activités évoluent-elles en particulier ?Plus de 250 entreprises bretonnes ont des échanges réguliers avec les États-Unis. 70 % d’entre elles évoluent dans le secteur industriel et 15 % dans l’industrie agroalimentaire. On compte environ 80 entreprises ayant une implantation aux États-Unis.
Rapporté à la balance commerciale bretonne, quel est le poids des exportations américaines en 2024 ?
Sur la dernière année, 70 % des exportations des sociétés bretonnes sont réalisées en Europe. L’export vers les US représentait 5,5 % de la valeur exportée soit 700 millions d’euros. À l’échelle d’une entreprise, la part d’export sur les US peut néanmoins être cruciale.
Entre opportunités (une croissance de 2,8 % en 2024, NDLR) et contraintes (le mur de taxes à venir), sinon le Trumpisme qui écorne l’image des États-Unis, quel est le regard des chefs d’entreprise bretons sur ce pays ? Restent-ils un partenaire clé pour nos échanges ?
Les économies européennes et américaines sont interconnectées. Autant le marché européen est important pour les Américains, autant le marché américain l’est pour nos entreprises locales. Les États-Unis restent un marché de grande taille et un relais de croissance en particulier pour la haute technologie.
Comment Bretagne Commerce International s’organise-t-il pour aider ses adhérents face à cette nouvelle guerre commerciale qui s’annonce ?
Nous apportons quotidiennement des conseils aux entreprises. Si les droits de douane deviennent effectifs, nous les accompagnerons sur les nouvelles modalités à mettre en œuvre. Pour le moment, nous leur conseillons de ne pas surréagir aux annonces. Il faut attendre et voir la réalité des mesures qui seront mises en œuvre. À partir du 12 mars, la matière première et les produits intermédiaires en acier et en aluminium seront taxés à 25 %. Le détail des mesures est en ligne sur notre plateforme de veille BCI info et nos experts disponibles. Pour les autres mesures annoncées et non confirmées, les entreprises vont devoir faire preuve d’agilité et commencer à préparer un plan B.
Quelles solutions s’offrent aux entreprises bretonnes si l’accès au marché américain devient trop coûteux ?
Pour celles qui n’auraient pas d’alternative au marché américain, il faudra mettre en œuvre une stratégie de renforcement de leur position comme une implantation pour préserver les marges et rester compétitive sur ce marché. Pour les autres, il faudra repositionner sa stratégie pour trouver des nouveaux marchés. L’Europe, le Moyen-Orient, l’Asie restent des marchés porteurs.
Pour celles qui veulent absolument commercer avec les États-Unis, y a-t-il un moyen de contourner les taxes ?
Vu les mesures annoncées pour le Mexique et le Canada et la remise en cause de l’accord de libre-échange sur la zone, il est difficile de contourner les frontières. Produire aux États-Unis sera toujours possible mais à la condition que vous ne soyez pas trop dépendant aux produits stratégiques importés aux USA, surtout si vos concurrents américains n’ont pas cette contrainte. L’acquisition d’entreprises américaines ou des partenariats croisées avec des partenaires aux USA sont aussi d’autres stratégies à étudier.