L’emploi connaît une belle embellie pour les entreprises de Normandie AeroEspace (NAE), la filière normande dédiée à l’aéronautique, au spatial, à la défense et à la sécurité (176 membres). En effet, le nombre de postes à pourvoir est en forte hausse depuis le début de l’année et les prévisions pour le dernier trimestre et l’année 2025 confirment cette tendance, selon NAE.
Les dynamiques d’Airbus et de Dassault
"Cette croissance est notamment due à la montée en cadence d’Airbus qui doit aujourd’hui sortir jusqu’à 75 monocouloirs (avion de ligne au fuselage étroit comportant un seul couloir en cabine passagers au pont principal, NDLR) par mois. C’est aussi la conséquence de l’économie de guerre pour Dassault avec son Rafale, mais aussi pour le secteur des systèmes électroniques à destination des activités de défense", explique Philippe Eudeline, président de Normandie AeroEspace.
Plusieurs centaines d‘offres d’emplois
La plateforme de recrutement de NAE, qui répertorie les offres d’emploi auprès des membres de la filière, a enregistré depuis le début de l’année 349 ouvertures de postes dont 205 chez les grands donneurs d’ordres et 144 chez les PME. Des chiffres en hausse de près de 20 % par rapport à 2023.
Des postes en CDI
Au 1er septembre 2024, parmi les 80 offres de postes en cours de recrutement, les CDI sont majoritaires (60) devant les CDD (7), l’intérim (7), viennent ensuite des offres d’alternance (5) et un stage. NAE prévoit que le nombre d’offres va fortement augmenter sur le deuxième semestre 2024. En effet, la filière prévoit de recruter en France près de 2 000 personnes cette année et autant l’an prochain.
Se démarquer pour recruter
Les besoins en main-d’œuvre ne sont pas l’apanage des secteurs aéronautique et défense, d’autres comme l’énergie ou l’agroalimentaire chassent des profils similaires pour assurer leur compétitivité. Alors NAE s’est organisée pour attirer et aller chercher les candidats. Et si la plupart des postes sont proposés en CDI par les entreprises, la filière normande a compris qu’il fallait aller plus loin pour renforcer l’attractivité de ses membres : "Nous avons choisi d’être présents sur une quinzaine de salons d’ici la fin de l’année, dont l’un se déroule à Paris, afin d’essayer d’attirer les candidats au-delà de notre seule région, car la concurrence est importante", souligne Philippe Eudeline.
Autre combat pour se démarquer, celui du pouvoir d’achat, plus que des salaires, selon le président de NAE : "Les salaires ont fortement augmenté, ce n’est pas le point d’achoppement. La question est surtout celle du pouvoir d’achat. Et en région, la vie est moins chère qu’à Paris, et on y trouve une meilleure qualité de vie."
Développer la RSE
La recherche de sens dans le travail "très présente chez les nouvelles générations" et les questions autour de la RSE sont aussi au cœur des efforts menés par la filière normande avec ses adhérents. "La RSE représente un atout d’attractivité aujourd’hui auprès des candidats, en matière de mobilité douce ou encore de bien-être au travail, par exemple", explique Philippe Eudeline.
Et pour aller plus loin en matière d’attractivité, la filière innove en matière de RSE avec la création d’un comité d’entreprise, géré par NAE, destiné à offrir des avantages aux salariés des PME qui n’en sont pas pourvus.