Récemment, la start-up Idakto a ouvert un bureau à Casablanca, au Maroc, et envisage de faire de même au Moyen-Orient. Après 5 ans d’existence, l’entreprise réalise en effet plus de 50 % de son chiffre d’affaires à l’international, en Afrique et au Moyen-Orient. "Là où la demande est la plus forte, confie Hassan Maad, président d’Idakto, même si l’Europe est également très demandeuse."
Cybersécurité
Née il y a 5 ans, la start-up s’est rapidement fait une place dans un secteur sensible : celui de l’identité numérique, domaine qui mêle entre autres confidentialité, réglementation et cybersécurité. "Nos solutions permettent de gérer l’identité numérique pour en assurer un usage transparent et en toute sécurité, explique Hassan Maad. Les aspects de cybersécurité sont donc au cœur de notre travail." Il s’agit en effet de rendre inviolable toute la chaîne d’identification-authentification.
20 millions d’euros en 2027
Actuellement, Idakto emploie 55 collaborateurs, quasi exclusivement des ingénieurs, dont 25 à Angers, dans les locaux de la coopérative Angers French Tech, mais également à Paris et à Guyancourt (Yvelines), pour un chiffre d’affaires de 4,5 millions d’euros en 2023. " Nous avons déjà dépassé 5 millions d’euros en ce milieu d’année et nous visons 20 millions d’euros en 2027, ajoute Hassan Maad. Nous devrions alors dépasser les 120 personnes."
France Identité Numérique
Pour grandir de la sorte, Idakto a opté d’emblée pour une stratégie particulière : la start-up s’est en effet adressée directement aux états et aux agences d’états, pour leur donner les moyens d’émettre des documents en toute sécurité. Ainsi, elle a été retenue en avril 2021 par l’État français, aux côtés des géants Atos, Sopra Steria et Idemia, pour mettre au point la plateforme France Identité numérique. "Elle permet actuellement de dématérialiser la carte nationale d’identité, le permis de conduire et demain d’autres documents, indique Hassan Maad. Ce travail nous a permis d’atteindre le niveau élevé de la sécurité. Pour cela, il fallait tout d’abord innover, afin que le mobile puisse héberger l’identité numérique et nous avons, depuis la création d’Idakto il y a 5 ans, déposé une dizaine de brevets sur nos solutions." Solutions qui vont de l’inscription jusqu’à la vérification de l’identité en ligne.
Aspects juridiques
Pour travailler dans le domaine sensible de l’identité numérique, Idakto a choisi une voie médiane, entre une vision de l’utilisateur comme un consommateur et celle d’un État qui surveille via le numérique. "Pour cela, nous avons tout de suite recruté une directrice juridique, ajoute Hassan Maad, pour ne pas proposer des solutions qui vont dans le sens d’un utilisateur-consommateur dont les données peuvent être revendues ou dans celui d’un État qui contrôle à la manière de Big Brother. Celui-ci ne doit pas pouvoir entrer dans la vie du citoyen mais doit garantir la sécurité de l’identification."
Ouverture au secteur privé
Au-delà de contrats passés avec des états ou agences d’état, le travail d’Idakto a été régulièrement salué, comme au printemps dernier lors du Forum InCyber 2024, à Lille, où ont été récompensées plusieurs entreprises qui travaillent autour de la cybersécurité. La start-up y a obtenu le prix de la recherche, couronnant le travail en innovation et R & D mené pour mettre au point sa plateforme appelée iDCluster. "La base que constitue cette plateforme garantit la sécurité du traitement, explique Hassan Maad. Il faut ensuite s’adapter aux pays et à leurs réglementations, d’où l’importance d’un poste dédié à l’aspect juridique dans l’entreprise."
Professions réglementées
En allant chercher tout de suite des états ou agence d’état au très fort niveau d’exigence, Idakto a placé très haut le curseur en termes de sécurisation de l’identité numérique. Ce qui lui permet aujourd’hui d’adresser une autre clientèle. "Nous avons commencé à nous élargir au secteur privé, qui est très demandeur de sécurisation de l’identité numérique, et nous avons déjà des dossiers pour des banques, poursuit Hassan Maad. Nous développons des outils sur la même base technologique. Au-delà des banques, Idakto entend bien aussi s’ouvrir à d’autres secteurs réglementés, comme les assurances ou les opérateurs télécoms.
Potentielle levée de fonds
Cette ouverture au secteur privé pourra s’étendre, après les professions réglementées, à tous les domaines où il importe de sécuriser l’identité numérique. Elle représente un fort levier de développement pour Idakto. Actuellement, nous finançons notre croissance, confie Hassan Maad, mais il est possible que nous réalisions une levée de fonds d’ici un an pour continuer d’accélérer." Avec l’ambition de multiplier par plus de trois son chiffre d’affaires d’ici 2027.