Plus qu’une déception, la perte du marché de gestion des aéroports est ressentie comme un coup de poignard dans le dos par les Chambres de commerce et d’industrie de Caen, de Seine-Estuaire et de Rouen, qui se sont portées candidates, sous forme de consortium, à la reprise de la délégation de service public (DSP) des aéroports de Caen-Carpiquet, du Havre-Octeville, de Deauville-Normandie et de Rouen Vallée de Seine. Le conseil communautaire de Caen la mer, lors de sa séance du 26 septembre, lui a préféré le groupement Alliance formé de trois sociétés : la Société d’Exploitation et d’Action Locale pour les Aéroports Régionaux Sealar (Brest), le groupe de conseil, d’ingénierie et d’exploitation d’infrastructures Egis (Versailles) et la société d’investissement Samfi-Invest (Carpiquet). C’est désormais lui qui prendra en charge la délégation de service public des aéroports normands à compter du 1er juillet 2025 et ce, pendant cinq ans et demi.
La CCI défend "un bon bilan" et "une gestion très réactive"
Pour Manuel Le Roux, le président de la CCI Caen Normandie, c’est un sentiment d’incompréhension qui domine. "Nous sommes vraiment très déçus parce qu’on a le sentiment qu’il y a beaucoup de critères qui ont été évalués davantage sur des promesses que sur de véritables engagements. Et surtout nous n’avons pas vu dans l’autre offre concurrente, le volet présence territoriale et dimension des acteurs du terrain, que nous avions mis en avant", réagit ce dernier.
Le Président de la CCI regrette également une probable délocalisation du comité de direction à Brest ou Marseille : "Notre gestion et notre logistique, en étant sur place, étaient très réactives. Pour le 80e anniversaire du D-Day, nous avons ainsi pu intervenir au jour le jour" ajoute-t-il.
L’environnement et les nuisances sonores en question
Manel Le Roux déplore enfin que les élus n’aient pas tenu compte de leur expérience et du bilan de leur gestion, dont la DSP avait été renouvelée en leur faveur en 2016. "Nos bilans étaient bons, nous avons surmonté toutes les crises, défend-il. Notre cahier de charges présentait un développement raisonné de l’aéroport de Caen alors que Sealar annonce une dizaine de lignes supplémentaires sur la période printemps-été-automne, et un développement croissant du trafic d’avions. Cela ne sera pas sans impact sur l’environnement et les nuisances sonores redoutées par les riverains".
Sealar aux manettes dès l’été 2025
Créée en 2019 par les filiales d’ingénierie des Chambres de Commerce du Finistère et d’Aix Marseille Provence, la Société d’Exploitation et d’Action Locale pour les Aéroports Régionaux, Sealar (siège à Brest), associée à son partenaire normand Samfi-Invest, a mis notamment en avant, dans son offre, "la recherche de la complémentarité et des synergies entre les aéroports à l’échelle de la région Normandie, pour l’émergence d’un transport aérien raisonné". Ainsi qu’un engagement en matière de transition environnementale des plateformes "en adaptant les infrastructures aux nouveaux comportements de mobilité, et en préparant les évolutions futures du transport aérien." Déjà exploitant de l’Aéroport du Havre-Octeville depuis le 1er janvier 2022, Sealar va élargir sa gestion d’exploitation à l’ensemble des aéroports normands dès l’été prochain.