Les caves coopératives alsaciennes Bestheim (CA 2023 : 46,90 M€ ; 70 salariés), située à Bennwihr (Haut-Rhin) et Wolfberger (CA 2023 : 60 M€ ; 145 salariés), implantée à Eguisheim (Haut-Rhin), ont décidé de mettre un terme à leur projet de fusion entamé en janvier 2024. "Les conditions structurelles et organisationnelles ne permettaient pas, à ce jour, d’envisager une fusion dans des conditions optimales", ont fait savoir Pierre-Olivier Baffrey, président de Bestheim, et Jean-Philippe Haag, président de Wolfberger, par voie de communiqué.
Ce projet ne sera donc pas soumis aux assemblées générales extraordinaires des deux entités comme initialement prévu.
Les adhérents des deux caves réticents au projet
"Cette décision n’altère en rien la qualité des relations établies entre les deux coopératives et leurs équipes, qui poursuivront chacune, avec détermination, leurs projets respectifs au service de leurs associés coopérateurs, de leurs salariés et de la filière viticole alsacienne", poursuivent les présidents de Bestheim et Wolfberger.
Leur rapprochement aurait donné naissance à un poids lourd à l’échelle des vins d’Alsace en regroupant plus de 600 adhérents qui, selon nos sources, étaient réticents à ce projet de fusion, pour 2 650 hectares de vignes, soit près de 17 % du vignoble alsacien, et un chiffre d’affaires cumulé de plus de 100 millions d’euros. D’autant que l’Alsace constatait, ces dernières années, un large mouvement de concentration de ses coopératives vinicoles. Leur "mariage" devait également concerner deux maisons de négoce (Willm pour le Canada et Lucien Albrecht pour les États-Unis) et une activité de distillation sous les marques Bertrand, Uberach et Wolfberger.
La Région Grand Est au soutien de Wolfberger
Confrontée à la baisse des ventes de certains vins, à la hausse des coûts et à une baisse de ses marges, Wolfberger vient de consentir à un investissement de deux millions d’euros pour moderniser sa ligne d’embouteillage de crémants à l’horizon 2026. Vieille d’une trentaine d’années et sujette à de nombreuses opérations de maintenance, sa chaîne de tirage a ainsi vu sa cadence s’effondrer de 80 000 cols par jour, en 2020, à 54 000 aujourd’hui. Cet investissement doit également permettre le renouvellement de certains de ses équipements (dépalettiseur, capsuleuse, convoyeurs, etc.) en vue d’améliorer la performance industrielle de l’entreprise, de renforcer la qualité des produits, de diminuer les coûts de production, la pénibilité des équipes et de favoriser les économies d’énergie.
Pour regagner en compétitivité, Wolfberger a bénéficié d’un coup de pouce de la Région Grand Est sous la forme d’un prêt à taux zéro de 1 250 000 € sur sept ans. "C’est une marque forte et très tournée vers l’export", avait insisté Laurent Wendlinger, conseiller régional et président de la commission agriculture, viticulture et forêt, au moment de voter cette décision, début juillet, dans le cadre des aides aux investissements des grandes entreprises actives dans la transformation de produits agricoles.